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28.6.2010 par admin.
De toute évidence, l’égalité des sexes semble difficile à concevoir : physiquement, intellectuellement, dans les droits, l’égalité des chances, des salaires… Peut-être aussi parce que parfois on a tout mélangé ! La lutte pour l’égalité a dévié en guerre des sexes et finalement s’est transforrmée en revendications féministes, excessives, voir absurdes, et en mauvaise fois masculines, bouclier efficace à toutes discussions possibles.
Constatons toutefois que l’orgueil masculin a souvent nié l’efficace des femmes et l’on a souvent relégué la place des femmes au rang de second rôle : dans certains corps de métiers, on a limité leur accès aux grades supérieurs; en médecine, longtemps la femme s’est vue fermé la porte des spécialités “nobles” : chirurgie, cardiologie, etc et on l’a cantonné bien trop souvent au poste d’infirmière; il en est de même en ce qui concerne les postes d’enseignant, l’université était essentiellement accessible aux hommes et le poste d’institutrice a semblé bien souvent lui convenir.
Les ouvrages d’histoire de la philosophie ne mentionnent que trés rarement les théories des femmes à l’exception de Anna Arendt ou encore Simone Weil, les autres sont les grandes oubliées. A croire qu’elles ne savent pas penser ! Ou plutôt, peut-être croit-on qu’elles sont incapable d’accéder aux grandes abstractions scientifiques - qu’elles soient philosophiques, ou mathématiques.
Ainsi, les femmes sont davantage considérées comme des “femmes de lettres”, des “écrivains” bien plus que comme des penseurs ou des philosophes. Ce qui semble conférer un manque de rigueur à leurs écrits, comme s’ils étaient marqués par une connotation émotive, par leur sensiblerie ou leur romantisme exacerbé.
Trop souvent, donc, on fait l’impasse sur ses femmes philosophes, comme si leurs écrits étaient peu convaincants ou pas assez sérieux. Comme si, avant même de les avoir lus, on avait considéré qu’elles n’allaient écrire que des pensées simplistes, non structurées. Comme si la femme était incapable d’écrire sur un autre sujet qu’elle-même, comme si son travail de réflexion se limitait aux propos féministes. C’est pourquoi il est important d’affirmer l’existence des femmes philosophes, l’ingéniosité de leurs systèmes philosophiques. Il faut leur rendre justice : cessons de minimiser leur importance et la qualité de leurs réflexions.
L.V.V
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18.6.2010 par admin.
Le 26 juin venez nombreux à la rencontre de plus de 50 auteurs. Un festival du livre organisé par Anthony, Libraire dynamique et qui aime non seulement les livres, mais se fait également un honneur de “chouchouter” ses auteurs !
Une journée sous le signe de la bonne humeur ! En espérant que le soleil sera au rendez-vous ! Et le public aussi !
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14.6.2010 par admin.
La première philosophe de France sévit à Toulon !
Paris est peut-être en deuil de ses « derniers philosophes », mais il lui suffira de s’ancrer dans le port de Toulon pour y trouver la première d’entre eux à ressusciter cette science humaine.
LVV succédera sans conteste aux BHL de service, avec son ambition de réserver l’héritage de la maïeutique aux élèves d’une école qu’elle dédie aux « 7 à 97 ans ».
LVV n’est autre que Laurence Vanin-Verna, décidée à faire de la philo une spécialité aussi courue que les concours de poker sur Internet ou à la télévision. Elle y réussit déjà sur la côte méditerranéenne, avant de mettre la France entière en coupe réglée.
Je l’ai vu officier sur le stand Charlemagne, au dernier Salon du livre de Toulon en novembre 2008. Ses fidèles l’ont transformée en gourou du « connais-toi toi-même », comme tous les présents ont pu le constater à la vue de l’affluence sur son stand.
Son primesaut doublé d’une classe innée à décupler ses émules a laissé dans l’ombre des auteurs de premier plan, y compris PPDA, parti avant l’heure.
JT (auteur relégué par LVV à l’anonymat !)
Jacques ThomeT
Consultant Journaliste
Auteur
www.jacquesthomet.unblog.fr
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13.6.2010 par admin.
A l’occasion de la parution de son dernier ouvrage : Cas de conscience : Le monde, autrui, ou moi. Laurence Vanin-Verna sera en dédicaces :
Mardi 15 juin à 17 heures : Forum de la Fnac de Nîmes : Ces femmes qui pensent !
Attention : en raison des intempéries et de l’annulation de mon train la rencontre de ce jour à la librairie Decitre est annulée.
Mercredi 16 juin Librairie Decitre. Lyon. Place Bellecour, à partir de 14 heures dédicaces. De 16 heures à 17 heures trente : conférence sur le thème : Cas de conscience.
Jeudi 17 juin à 16 h 30. Forum de la Fnac Marseille Centre Bourse. Je et l’autre : La rencontre avec Autrui.
Venez nombreux !
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13.6.2010 par admin.
Je ne peux aujourd’hui me priver d’une telle piqûre de rappel… Et oui, quatre ans plus tôt le scepticisme était bien présent… Nous étions aussi à la veille des élections présidentielles…
Aujourd’hui sur fond de scandale et de polémique….
L’équipe de France ne fédère pas ! Seul le patriote, celui qui se dit français et veut soutenir son équipe… coûte que coûte… a sorti son drapeau… Bleu, blanc, rouge… Je suis “françois le français…” la, la la…
Mais comment penser cohésion, esprit d’équipe quand les joueurs se promènent le long du stade, dans l’autocar, dans les vestiaires… munis de leurs oreillettes de balladeur mp3… Ils ne se parlent pas, n’échangent pas…. Les nostalgiques se prendront à imaginer Zizou “se disputant” avec ses “copains” pour mettre un petit air de techno dans un autocar, là où Sagniol aurait peut-être demander un petit Cabrel… Les discussions allant bon train dans un autocar où, le chauffeur, pour satisfaire toute sa petite équipe aurait passé patiemment et un à un, tous les morceaux choisis… Mais aujourd’hui, l’équipe de France n’affiche pas l’esprit de groupe… Chacun est dans sa bulle hermétique… Pourtant le français, râleur à souhait, sur un air de rien… Il l’a visionné ce premier match contre l’Uruguay… Il a senti un léger potentiel… un petit coup de chance, un petit but aurait suffi à déclencher la liesse… Alors patientons un peu… Et en attendant je vous livre mes réflexions d’un autre temps…
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Déjà en 1998, l’ampleur du phénomène « Equipe de France », m’avait laissée perplexe ! Aujourd’hui j’avoue que cela m’amène à réfléchir sur cette France, si particulière puisqu’elle a « besoin » de chansons, de football ou les deux pour se sentir unie ou heureuse.
Lorsque je parle de chansons, c’est que je réalise que depuis quelques temps les plus grandes causes se plaident sur fond musical : la tournée des enfoirés, « sol en si » pour la lutte contre le sida, la gay pride, la fête de la musique (qui comme par hasard ou par nécessité commerciale et climatique n’a même pas lieu le jour de la patronne des musiciens Sainte Cécile, mais au mois de juin). En bref, dès qu’un événement particulier survient ou favorise la mobilisation, il ne se réalise que sur la base d’un : concert géant. A croire que lorsqu’il veut prendre les événements avec légèreté, l’homme se fait cigale plutôt que fourmi.
Et puis il y a le football. Et là, je suis presque navrée de constater que finalement certains français ne manifestent leur fierté d’être français que lorsque leur équipe nationale l’emporte. Il est vrai que durant la coupe du monde de football, qui a d’ailleurs commencé dans une ambiance fébrile, nous n’avons jamais vu autant de drapeaux français, et n’avons jamais autant entendu chanté la Marseillaise…
Alors c’est sûr, certains diront qu’il vaut mieux ça que les agitations dans les banlieues, les crises sur fond de CPE. A croire que les militants de gauche sont plus occupés à faire la « ola » dans les stades, oubliant leurs préoccupations hivernales consistant à manipuler le peuple pour qu’il fasse pression sur le gouvernement en place.
On en aurait presque oublié les futures présidentielles… Et la possibilité d’un « Royal » Président ! Non, la prise de la Bastille (bien que certains auraient aimé se payer la tête de Domenech !) n’est plus à l’ordre du jour. Aujourd’hui, place au foot !
Car, le phénomène est suffisamment singulier pour qu’on s’y arrête.
Avant même que la coupe du monde ne commence, la critique battait son plein et l’on peut déjà s’étonner d’une telle prise de position. Alors que nos « adversaires » étaient soutenus par leurs pays, l’équipe de France, sans même avoir posé le moindre crampon sur le terrain, était déjà critiquée. S’en oublier son entraîneur Monsieur Domenech qui avait déjà essuyé les plus vives critiques : à croire que les gens, les journalistes étaient mieux à même de juger les décisions d’un homme dont le métier, et l’expérience, notamment, consistent justement à préparer des équipes sportives à de grands événements.
Et c’est bien là, un mal de notre pays que de constater que chacun possède un avis sur tout alors qu’il n’a de connaissance que de « pas grand-chose ». Normalement, en réaction les hommes devraient au moins dire qu’ils ne savent pas, ils pourraient accorder le bénéfice du doute, ou s’abstenir de juger. Mais non, pour le quidam l’équipe était mal composée. Et de dire : « Certains devraient être à la retraite, d’autres sont trop jeunes, ils n’auront pas la carrure ! » Et nous retrouvons en ces mots anodins, en apparence, un malaise typiquement français : on ne fait pas assez confiance : ni aux jeunes (il n’y a qu’à voir la précarité des jeunes) ni aux anciens et l’on est rapidement considéré comme trop vieux (essayez de chercher un emploi après cinquante ans). Enfin bref, à l’heure où j’écris ces quelques pensées, la France est sur le point de jouer le match de la finale contre les Italiens. J’écris aujourd’hui car pour moi, quelque soit le résultat (bien que j’espère fortement que la France va l’emporter) mes réflexions sont mesurées et établies. Elles m’avaient déjà effleuré l’esprit en 1998, mais il me semblait que j’étais moi-même prise dans le tourbillon de l’ambiance festive et que j’avais perdu le sens des réalités. Mais aujourd’hui, tout me semble si évident…
Maintenant, la foule est en liesse. Une vague bleue a recouvert la France ! Les drapeaux sont de sortie, presque aussi nombreux qu’à la libération ! Les hommes ont revêtu l’habit bleu, on dirait presque qu’ils portent un uniforme. Et les Bleus, par la bouche de Zidane, viennent de livrer leur devise : « on vit ensemble, on meurt ensemble ». Et là je me surprends à penser qu’ils viennent de nous livrer une devise digne de celle d’un soldat, d’un régiment, d’un corps d’armées où la solidarité entre les hommes est essentielle. En effet, cette devise vaut aussi celle des sapeurs pompiers « sauver ou périr », « courage et dévouement » ou encore celle de l’armée de terre « Etre et durer », mais bien d’autres pourraient être citées en exemple… Les mots invitent à l’engagement, au serment comme les mousquetaires « un pour tous, tous pour un !», ou encore les chevaliers, tous réunis autour, non pas d’un ballon rond, mais de la Table Ronde ; non pas en quête d’une coupe mais de la Coupe, le Saint Graal. Karl Jung dirait qu’à partir de l’idée d’inconscient collectif et depuis la nuit des temps les hommes véhiculent des archétypes, des peurs, et des besoins de se mettre à l’épreuve. Ils ont également besoin de héros, d’idoles, de dieux du stade.
Sur le terrain, au sein de l’équipe de France, les liens se resserrent et l’on constate que le même phénomènes se produit parallèlement, comme par analogie, entre les supporters et même que cette contagion affective gagne l’ensemble des français : « Allez les bleus !».
Un esprit de corps vient de naître, des drapeaux, la Marseillaise chantée à tue-tête : voici une nouvelle forme de patriotisme. Nous voilà tous réunis, quelque soit notre milieu social, nos origines, notre couleur de peau, riche ou pauvre… C’est là que la magie opère.
Puisque le service militaire n’existe plus, les hommes ne fraternisent plus dans leurs différents régiments, sur le terrain des manœuvres, autour d’une popote, échangeant sur leurs régions d’origine, sur un magazine frivole, ou sur un fait de guerre ; mais aujourd’hui cela se passe plutôt dans la pratique des sports collectifs, où lorsqu’ils se fédèrent autour d’une équipe.
D’ailleurs, ces derniers temps les clubs de supporters se multiplient, comme autant de raison de se fédérer, de faire bloc, de vivre collectivement, vibrer pour la même chose. Comme si les hommes ne pouvaient finalement rêver qu’à travers une équipe qui les représente. C’est grave, de ne plus pouvoir rêver pour soi. De ne plus rien envisager de fou, de surhumain, de délirant, d’exceptionnel : faire le tour du monde, trouver le médicament guérissant du cancer, délivrer l’humanité du SIDA, mettre en place un régime politique qui réduirait les inégalités sociales… C’est incroyable de se dire que les hommes vivent si repliés sur eux-mêmes qu’ils ne pensent plus qu’un projet commun puisse être envisageable. Alors que finalement, les grandes découvertes, les aventures humaines, les plus belles conquêtes « amoureuses » ne se sont finalement produites qu’à partir d’hommes particuliers, qui ont su motiver autour d’eux des hommes qui les ont suivis. Il fallait des projets fous, ils fallaient y croire avant d’entreprendre, sinon rien n’aurait été réalisé. Qu’auraient été Christophe Colomb sans son équipage, Pasteur sans ses chercheurs, ses infirmiers, le Christ sans ses apôtres, les mécènes sans les peintres… La victoire d’un homme est souvent celle d’une équipe.
Finalement, ce qui est mis en relief par cette Coupe du monde est affligeant. La société est tellement économique, individualiste que peu de choses unissent les volontés, suscitent les énergies. Le travail est parcellé, les études critiquées, nos cerveaux partent à l’étranger, l’argent a pourri le cœur des hommes. Mais ne nous laissons pas aller à la nostalgie.
Poursuivons cette analyse…
Je disais donc que nous en étions arrivée à une équipe qui fonctionne comme une structure militaire, qui travaille, qui s’entraîne.
« Tu veux vaincre aux Jeux Olympiques ? Et moi aussi, par les Dieux ! Car c’est un noble triomphe. Mais examine les antécédents et les conséquents de ce projet, et alors seulement entreprends-le. Il faut te discipliner, régler ta nourriture, t’abstenir de friandises, faire des exercices forcés et réglés selon l’heure, la chaleur, le froid, ne pas boire de l’eau froide ni de vin à tout hasard ; bref, il faut te livrer à ton entraîneur comme à un médecin. Ensuite, dans l’arène, il faut creuser la terre, quelquefois se démettre une main, se tordre la cheville, avaler force poussière, parfois aussi être fouetté, et, après tout cela, être vaincu »1.
La discipline, les entraînements, les autorisations de sorties, de voir sa famille, conserver le secret des tactiques de jeux… Effectivement, tout y est ! Et l’ordinaire de nos joueurs ressemble au quotidien de nos gens d’armes. A cette différence, et qui est à mon sens essentielle, que l’équipe de France ne représente pas un Etat, mais plutôt une Nation. C’est ce qui change tout.
Et à voir les supporters se préparer, on pourrait presque crier : « Aux armes citoyens ! » Ils se parent des habits bleus, se peignent le visage, comme ils abhorrent une peinture de guerre. Ils préparent les chants pour intimider les supporters des équipes adverses.
Les journalistes qui commentent les événements utilisent également ce langage guerrier : « on va terrasser l’adversaire, la bataille sera difficile, on devra livrer un âpre combat… »
De toute évidence, les hostilités commencent. Même si elles sont métaphoriques, nous savons que les stades sont aussi et malheureusement le théâtre de violences illégitimes, d’échanges d’injures, de propagation du racisme (2) qui s’y expriment trop souvent. C’est dire si le sport a manqué son objectif. Et ainsi, le stade devient le lieu d’expression commun d’un esprit anarchiste, où les bandes rivales se donnent rendez-vous pour s’affronter et en découdre avec les forces de l’ordre. Remarquons ici que nous ne sommes pas encore sorti de l’époque romaine qui réclamait : « du sexe et des jeux ».
Non, loin du stade est, rappelons-le, aménagé un « baisodrome géant » ou plus communément appelé « bordel ».
Mais certains diront qu’il ne faut pas sortir de l’événement sportif, de la beauté du geste, la stratégie du jeu ! Qu’il faut fermer les yeux sur les dérives possibles : les erreurs d’arbitrages (qui sont, à ce niveau là et à mon sens égales à des fautes professionnelles ! A quand la vidéo pour les matchs importants ! N’oublions que cela aurait complètement changé le score du match France-Corée !), le dopage, l’argent, le jeu parfois un peu trop musclé (3) (quel exemple : le match Portugal Allemagne !), le foot bizness(4) (avec des transfert à taux exorbitant), la morale décadente. En bref, la démesure. Chut ! Mais enfin, ne gâchons pas la fête !
A l’heure où des petits gars sur leur vélo s’apprêtent à gravir les montagnes du Tour de France, un Tour de France qui cherche désespérément (en dehors des affaires de dopage) à se faire une place parmi les événements sportifs les plus importants de l’été, chacun formule ses pronostics pour la finale. Décidément …
A défaut d’être en Allemagne, c’est l’été et cela sent les vacances ! Le pastis coule à flot, la mer est bleue, la Vague Bleue vient d’envahir la France. Les français avaient donc besoin d’oublier la hausse du carburant, les impôts, la précarité de l’emploi, la canicule, leurs problèmes de santé, la politique… Après la vague bleue, ils penseront à nouveau au tsunami économique et social …
Mais pour l’heure, ne faisons pas de mauvais esprit : « Allez les bleus » ! « Allez les bleus ! »
Le 5 juillet 2006
| Epilogue : |
La victoire sera pour une autre fois. Les Bleus se sont bien battus et nous avons pu assister à une belle domination française surtout en seconde mi-temps. Mais l’équipe de France a manqué dans l’offensive puisqu’elle n’a pu concrétiser ses actions. C’est donc au terme des prolongations et des tirs au but que la France a du s’incliner devant l’équipe italienne. Nous retiendrons toutefois l’action suicidaire d’un Capitaine qui dans les dernières minutes a visiblement manqué de sang-froid changeant ainsi la devise : « on vit ensemble, on meurt ensemble » par « je meurs et vous tombez avec moi ! » C’est chose faite. Heureusement qu’il ne s’agissait que d’un match. Quelle belle solidarité… la fuite du chef. Il est vrai que l’agilité de Zidane a manqué lors des tirs au but ! Et qui sait, sans cette expulsion du terrain la tournure qu’aurait pris finalement ce match ? Mais nous ne referons pas l’histoire.
Quelle déception de voir partir ainsi un virtuose du ballon : non pas sur une défaite, car je le répète c’était un beau match et l’équipe de France n’a pas démérité. Mais de partir sur un tel geste, c’est bien regrettable !
Parce que : « Si tu prends un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y fais pauvre figure, mais celui que tu aurais pu remplir, tu le laisses de côté. »5
Consolons nous de constater qu’une jeunesse prometteuse s’est révélée au cours de cette coupe du monde. Toutefois, le grand vainqueur de cette aventure reste Raymond Domenech, glorieusement reconduit dans ses fonctions.
Ainsi va l’histoire du foot, l’expression crue de la popularité. Ainsi, tout ce qui se passe dans le stade, y est représenté ou incarné, ne constitue finalement que le miroir de notre société.

1- Le Manuel , Epictète, § XXIX, 2.
2- « D’autant que ces écrits provocateurs sont suivis avant la rencontre par des appels xénophobes dans des tracts distribués à l’entrée du stade. « Attention, attention ! L’équipe de France que vous allez voir n’est pas la véritable équipe de France, mais une formation de naturalisés et d’étrangers qui comprend des Polonais, des Hongrois ou des Italiens, comme Ruminski, Gianessi, Ujlaki, Kopaszewski, Ferry, Curyl, Piantoni… N’hésitez pas à siffler. Ce ne sont pas les vrais footballeurs français que nos joueurs vont chargés. Sifflez-les ! » ». Kopa par Raymond Kopa, p 88. Editions Jacob-Duvernet.
3- « Car les joueurs, hier charmants et talentueux, se transforment aujourd’hui en brutes épaisses ; leur seul souci, la seule consigne de leurs entraîneurs, est de faire mal. Pire, ils s’exécutent sous l’oeil souvent bienveillant de ceux qui devraient faire respecter le jeu : les arbitres. » Kopa par Raymond Kopa , p 154. Editions Jacob-Duvernet.
4- « Précurseur en bien des domaines, je le suis aussi dans le football business . Pour la première fois, un sportif associe son nom à toutes sortes de produits. Dès la naissance de ma notoriété, je me suis acharné à rentabiliser les deux syllabes connues de tous, « kopa ». Ballons, chaussures, vêtements de ville, de sport, jus de fruits, très vite mon nom figurait sur une multitude d’articles. Ce nom, je le valorisais, je capitalisais dessus. J’ai lancé cette idée, reprise depuis par bon nombre de sportifs, de footballeurs. » Kopa par Raymond Kopa , p 182. Editions Jacob-Duvernet.
5- Le Manuel , Epictète, § XXXVII .
L.v.v
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13.6.2010 par admin.
Si la souveraineté renvoie à l’idée d’une autorité suprême, il semble qu’il s’agit alors du principe qu’elle incarne, ou de l’individu au-dessus duquel il n’y a rien de plus élevé. La vie en société soulève une complexité combinatoire qu’une souveraineté se doit de pouvoir contenir, celle de l’impétuosité des passions humaines liées à la dissension des intérêts et des estimations potentielles qui doivent conduire à une société pacifique. La souveraineté, outre le devoir de se maintenir, se doit aussi, pour observer son rôle, de gérer et d’organiser ses différents aspects. En fait, la souveraineté doit au préalable s’instituer. Vouloir fonder le politique, c’est penser le fondement à travers la métaphore architecturale, qui renvoie à l’idée de fondation sur laquelle se construit l’édifice. Ce n’est pas sans nous rappeler la démarche cartésienne pour qui l’édifice lézardé de la connaissance doit être détruit afin de rebâtir, cette fois-ci, le savoir sur des bases solides. Cette question semble se poser aux philosophes affectés ou impliqués dans une vie sociale mouvementée ou corrompue, dans la mesure où leurs existences sont liées à la vie collective : souvent au cœur des débats, ils sont parfaitement au courant des préoccupations de la Cité. En des époques différentes, Rousseau et Hobbes ont élaboré des systèmes politiques où communément nous observons l’apparition du contrat. Aussi sommes-nous en droit de nous interroger sur l’organisation et l’élaboration de tels contrats. Sur quoi repose donc la nécessité du contrat ? Rousseau et Hobbes nous offrent-ils au regard de leurs doctrines un contrat analogue ou contradictoire ?Et enfin quel est le but essentiel du contrat, servir l’homme ou les intérêts de la souveraineté ?
Pourquoi est-il nécessaire de recourir au contrat ? Sur quoi se fonde-t-il ? pour répondre à nos première question nous allons être obligés de faire un détour par l’état de nature qui est au fondement des théories du contrat. La notion « d’état de nature » fut couramment utilisée au XVIIème siècle par les philosophes. Cependant elle est contemporaine de la naissance de la philosophie, et ceux qui s’étaient préoccupés de cette notion dés l’Antiquité étaient en général des physiciens tels qu’Aristote, Héraclite, Lucrèce … etc, et ils considéraient la nature comme ce qui renvoie à l’acte, à la disposition de se réaliser c’est-à-dire de se produire. Ce qui nous amène à la genèse, aux principes qui sont à l’origine des lois de l’évolution et de la conservation.
Dans son évolution, ce terme prit un autre sens et paradoxalement semblait même s’opposer, pour certains philosophes, à l’idée de loi. Il parait alors désigner la situation d’un groupe d’hommes non civilisé, n’ayant pas accédé à une organisation sociale, ni institutionnelle. Nous pouvons même dire qu’il s’agit d’un stade antérieur à celui du social, dans lequel les hommes sont livrés à eux-mêmes. Il s ’agit d’un état premier et théorique qui touche les hommes alors qu’ils n’ont pas encore d’organisation sociale qui puisse les tenir en respect. L’état de nature n’est cependant pas à placer hors du temps, dans le long sillage de l’origine, il s’agit en fait de la recherche du fondement de l’humanité. Même si cette notion est saisie comme une fiction, Rousseau affirmant même que « ce n’est pas une légère entreprise de démêler ce qu’il y a d’originaire et d’artificiel dans l’état de l’homme… »1, elle n’est pas dénuée d’intérêt car elle s’impose comme une hypothèse au fondement de théories politiques et a, en ce sens valeur d’hypothèse scientifique, puisque « cet homme n’existe pas direz-vous, soit mais il peut exister par supposition »2. L’homme naturel n’est donc ni antérieur, ni extérieur à la société, et il nous appartient de retrouver sa forme immanente à la condition sociale. Rien n’est interdit dans l’état de nature, puisque la loi n’est pas encore instaurée et que chacun ordonne sa vie à sa survie. Chez Rousseau par exemple, les hommes s’occupent dans une vie simple et tranquille, à des tâches qu’ils réalisent en corrélation avec la nature, mais aussi en vue du bien-être. « Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique (…) ils vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu’ils pouvaient l’être par leur nature… »3. L’état de nature est ainsi conçu comme étant un état d’abondance, d’indépendance et d’innocence, où les hommes ne sont mus que par deux sentiments naturels : - le désir naturel de conservation de soi, que Rousseau nomme amour de soi, et - la pitié qui nous fait éprouver de la compassion devant la souffrance de nos semblables. Rien de ces sentiments naturels ne semble évoquer la méchanceté, le désir de domination et de possession remarqué chez Hobbes. Cependant cet état agréable sera à jamais corrompu et gâché lorsqu’un homme s’écrira ceci est à moi ! affirmant alors sa supériorité sur les autres par la propriété privée, mais aussi car à partir de ce jour les hommes vécurent dans des rapports de dépendance négatifs, par le besoin. Les uns se faisant les esclaves des autres au rythme des moissons et des vendanges, laissant alors à la sueur de leur front paraître leur misère. Le mal social est alors la résultante des maux que les individus s’infligent l’un à l’autre et chacun à lui-même. Mais comme nous l’avons affirmé cet état de nature est à envisager sur le plan théorique. En effet, lorsque nous observons un groupe d’hommes vivant ensemble, qu’ils soient ou non membres d’une même famille, il semble qu’il soit gérer par un minimum de règles sociales. Une sorte d’autorité s’est imposée qu’elle soit patriarcale, ancestrale ou même qu’elle repose sur un chef, et il n’est pas nécessaire que l’Etat apparaisse pour qu’il y ait surgissement du pouvoir.
Il semble en effet, qu’Aristote soit le seul à concevoir que par nature l’homme soit un être social. Plus exactement, il considère que par nature l’homme est destiné à vivre dans une cité, puisque à travers elle, il trouve son humanité et réalise sa sociabilité. « La cité est au nombre des réalités qui existent naturellement et l’homme est par nature un animal politique »4. Mais bien avant même l’existence de la cité, l’homme éprouve le besoin de s’associer à la femme afin d’établir des relations amoureuses mais aussi en vue de la reproduction. Le groupe domestique comprenant le père, la mère, les enfants, et les esclaves, constitue la forme la plus élémentaire de l’association issue de la nature. « L’amour entre mari et femme semble bien être conforme à la nature car l’homme est un être naturellement enclin à former un couple »5. Lorsque diverses familles s’associent, elles forment le village où chacun satisfait à ses besoins immédiats. L’homme trouve alors dans la cité, la possibilité d’échanges économiques, mais aussi par la vie en communauté, il accède au bonheur par la vertu et le respect de la justice. C ‘est donc bien, d’après Aristote, par une inclination naturelle que l’homme s’associe à ses congénères. Cependant, d’autres auteurs pensent que la sociabilité est purement conventionnelle. Dés lors, et à l’inverse, l’état de nature se présente comme un état représentatif et théorique de ce que sont les rapports entre les hommes lorsqu’ils ne sont tenus par aucune règle ou loi sociale.
1- Préface au Second discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes
2- J.J. Rousseau, Lettre à Christophe de Beaumont.
3- Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, seconde partie.
4- La Politique, L I
5- Ethique à Nicomaque, L VIII
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13.6.2010 par admin.
Laurence Vanin-Verna, invitée par Corinne Zagara dans son émission Femmes exceptionnelles revient, sur Radio France Bleu Provence, sur son parcours atypique et particulièrement riche. Elle expose également son projet philosophique, la qualité des rencontres avec ses lecteurs au cours des différents forum qu’elle anime. Elle propose également une nouvelle approche de la philosophie mais… Ecoutez plutôt !
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13.6.2010 par admin.
La conception de l’espace, du ciel n’a pas toujours été liée aux mathématiques. Dans les cités primitives, notamment, les hommes reliaient par crainte et superstition les phénomènes du ciel aux divinités et à des événements terrestres. Cette conception véhiculait également un ensemble d’interprétations fortuites qui tenait lieu de justifications.
Dès l’Antiquité grecque, on remarque que les philosophes proposèrent une conception géographique du ciel. Ils en établirent la carte. Par suite, Aristote perçut le mouvement des astres. Il pensait en effet, que l’univers était mu à l’origine par un principe “premier moteur de l’univers : Dieu”. Ce dernier avait donc transmis cette animation, cette possible mobilité des astres et des choses. Ptolémée, quant à lui, défendait l’idée d’un monde conçu comme mouvement, avec en son centre : la Terre.
Mais Copernic viendra changer cette conception de l’ordre des choses, ramenant le spectateur à son humilité : l’homme ne sera plus un simple observateur immobile devant un monde en plein mouvement, s’offrant à son regard comme une représentation théâtrale. L’homme appartient également à ce monde, il en est un des éléments parmi beaucoup d’autres. Il en fait partie, ce qui réduit sa prétention. L’homme relativise alors sa place dans l’univers.
Que s’est-il passé pour que cette conception du ciel à laquelle l’homme était rivée soit révisée ?
Galilée a proposé une autre formulation de l’univers. Par le langage mathématique, il a affirmé une codification, une géométrisation des phénomènes perçus. Newton a, quant à lui, énoncé une loi de la gravitation universelle, pour expliquer le mouvement des astres.
Ainsi, entre cette pensée antique et cette conception moderne, il ne faut pas tant noter ce qui est différent, mais plutôt, ce qui considérablement les unit : la notion de force. Mais, de toute évidence, les phénomènes, au risque de se confondre avec ce langage mathématique, de se réduire à l’équation, lui résistent.
C’est pourquoi aujourd’hui, se donne à voir un espace plus grand, avec plusieurs mondes (ou galaxies) et nous pouvons affirmer l’existence d’un agrégat.
Au lieu d’observer un univers dans un ciel, nous voyons des objets, tous singuliers.
Ainsi l’histoire philosophique de l’astronomie révèle que trois grandes pensées l’ont marquée :
- une conception antique qui évoquait déjà un paysage fini composé d’étoiles, conçu toutefois dans sa mobilité.
- puis, une conception mathématique viendra balayer la réalité concrète du phénomène, au profit d’une abstraction codifiée.
- enfin, s’est substitué un paysage infini d’astres, en mouvement, concret : un univers de diversité et de singularité qui finalement s’exprime dans un langage physique et poétique. Nos astronomes observent donc des beautés célestes qui répondent aux doux noms de : supernovae, la chevelure de Bérénice, étoile double, la grande nébuleuse, amas stellaires…
Ainsi, comme l’écrivait Mach : “La science ne se présente pas avec la prétention d’être une explication complète du monde, mais avec la conscience de travailler à une conception future de l’univers”.
L.V.V
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12.6.2010 par admin.
Vouloir philosopher
Philosopher consiste en une disposition d’esprit particulière. Par son étymologie, la philosophie, philosophia de philein aimer et sophia sagesse, signifie que philosopher, c’est aimer la sagesse. Cet amour nous invite à tendre vers elle, à vouloir devenir sage.
Cette sagesse est à envisager comme l’appropriation d’un savoir et par conséquent, concerne celui qui est raisonnable. Cela signifie que le philosophe demeure l’ami de la sagesse et qu’il s’évertue à la détenir.
Comment concevoir cette sagesse ?
- D’un point de vue théorique, elle se caractérise par le savoir, la science, la quête de la vérité.
- D’un point de vue pratique, elle renvoie aussi à une attitude sage, modérée et réfléchie.
Ainsi, le philosophe désigne-t-il celui qui détient un certain savoir et qui parvient à se maîtriser, en toutes circonstances. Il use de son esprit pour agir raisonnablement et en homme de bien.
Toutefois, le philosophe ne peut réfléchir à des concepts vides qui le détacheraient du monde et donc des hommes. La naissance de la sagesse consiste en la prise de conscience de cette ouverture au monde.
Le pouvoir de la pensée consiste en ce qu’à chaque fois qu’elle s’interroge, elle exprime le point de départ d’une nouvelle construction. Ce point initial désigne une totalité individuelle correspondant à une période, une culture, un caractère particuliers. Il coïncide avec celui qui se met à penser, au moment où il pense. Ce penseur, qui est en sympathie avec son époque, constitue un axe novateur de la pensée qui s’élabore à partir d’un déjà-là, à savoir les acquis personnels de celui qui réfléchit. Cependant sa réflexion s’inscrit dans l’histoire collective de la pensée. Les philosophes passés constituent un héritage qui mérite d’être examiné, même si c’est pour en contester la valeur. Constatons également que dans l’Antiquité tous les savoirs étaient mêlés et l’on n’était pas philosophe si l’on n’était pas non plus physicien, historien, etc. Cela manifestait la volonté d’accéder à l’universalité du savoir.
La philosophie n’est cependant pas seulement une science, elle invite aussi à une attitude intellectuelle qui prépare à l’action. L’homme qui s’adonne à la philosophie se situe entre la science et l’ignorance. La réalité existentielle met l’homme à l’épreuve. Ainsi la conscience souhaite-t-elle vérifier son savoir. D’autant que chaque événement vécu la place face à une situation inédite à laquelle elle va devoir s’adapter. Et elle n’a de cesse que son progrès.
La philosophie renvoie également à une éthique du bonheur. Nous l’avons dit, l’homme possède des principes internes qui suscitent en lui les motifs de l’action. Cette dernière est réalisée à l’aide de la volonté, c’est-à-dire de la tendance qui pousse l’homme au choix ; et les mobiles qui déterminent l’action sont liés à la connaissance car ils sont filtrés par la raison, qui a pour tâche de synthétiser ses motifs et de donner en quelque sorte son approbation au vouloir.
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12.6.2010 par admin.
De toute évidence, les grands savants, auteurs de théories originales, ne peuvent être indifférents à la réflexion philosophique. Einstein ne se distingue pas des autres, nous le constatons notamment lorsque nous faisons la lecture de son ouvrage Comment je vois le monde. Il nous livre alors un ensemble de sages réflexions sur le monde, les devoirs des scientifiques et des politiques. Il aimait à dire, par exemple, à propos des richesses :
“Toutes les richesses du monde, fussent-elles entre les mains d’un homme totalement acquis à l’idée de progrès, ne permettront jamais le moindre développement moral de l’humanité. Seuls, des êtres humains exceptionnels et irréprochables suscitent des idées généreuses et des actions sublimes . Mais l’ argent pollue toute chose et dégrade inexorablement la personne humaine. Je ne peux comparer la générosité d’un Moïse , d’un Jésus ou d’un Gandhi et la générosité d’une quelconque fondation Carnegie.”
A cela s’ajoute que la répercussion de ses idées se fait profondément sentir dans le domaine de la philosophie, notamment en épistémologie.
Notons toutefois que les spéculations des savants n’obéissent pas en général à des considérations a priori et ne dérivent pas d’un monde subjectif. Les scientifiques se placent donc d’emblée dans la réalité, pratiquent des expériences afin de vérifier la justesse de leurs théories. Pourtant, pour certains d’entre eux, leurs découvertes renouvellent complètement l’interprétation de l’univers. C’est ainsi que nous pouvons remarquer, par exemple, l’importance de Copernic, Galilée et Newton en physique et constater également qu’ils ont nettement influencer la philosophie.
La théorie de la relativité d’Einstein a, de toute évidence, révolutionné la conception de l’univers physique. Brunschvicg affirmera à ce propos en 1922, dans son ouvrage intitulé de L’expérience humaine et la causalité physique :
“Il ne s’agit plus d’ajouter un dernier chapitre à un traité de physique contemporaine; il s’agira de récrire les premières pages du système du monde, en révisant jusque dans ses fondations l’architecture de l’édifice newtonien”.
Einstein dira également à ce sujet en 1949 dans ses Notes autobiographiques : “Newton, excuse-moi! La voie que tu as ouverte était la seule qu’un homme doué d’une intelligence brillante et d’un esprit créateur pouvait trouver à l’époque. Les concepts que tu as élaborés guident encore aujourd’hui nos raisonnements en physique, même si nous savons qu’il nous faut désormais les remplacer par d’autres concepts qui, plus éloignés de l’expérience directe, nous permettront seuls de parvenir à une compréhension plus profonde des relations entre les choses”
Ce qui importe, pour comprendre le cheminement d’Einstein, c’est de voir l’influence de la pensée philosophique dans sa démarche scientifique. De montrer que l’homme de science était aussi investi de ses devoirs. Il avait conscience de la nécessité pour le scientifique de protéger le monde de ses découvertes. A l’image de Rabelais qui affirmait que “science sans conscience n’est que ruine de l’âme,” les différentes réflexions d’Einstein nous montrent les préoccupations d’un homme, qui avait compris les possibles dangers de ses nobles découvertes, si des hommes les détournaient de leurs objectifs techniques ou scientifiques premiers.
Nous constatons alors que derrière le scientifique de géni se cache non pas un “fou”, un insouciant mais au contraire un partisan du pacifisme et d’un contrôle éthique puissant des expériences.
“La découverte des réactions atomiques en chaîne ne constitue pas pour l’humanité un danger plus grand que l’invention des allumettes. Mais nous devons tout entreprendre pour supprimer le mauvais usage du moyen. Dans l’état actuel de la technologie, seule une organisation supra-nationale peut nous protéger, si elle dispose d’un pouvoir exécutif suffisant. Quand nous aurons reconnu cette évidence, nous trouverons alors la force d’accomplir les sacrifices nécessaires pour la sauvegarde du genre humain .”
Nul doute que l’on puisse élargir le champ de la conscience scientifique à la recherche génétique et à la compréhension du vivant. Bien souvent, en effet, la conscience semble s’éveiller après avoir ouvert des voies nouvelles et suscité de nouveaux dangers. Une réflexion éthique s’impose donc !
L.V.V
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