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4.9.2010 par admin.
Programmation des prochaines rencontres !
Septembre, octobre, novembre 2010
Toutes les conférences sont suivies d’une séance de dédicaces !

Nîmes (34)Fnac de Nîmes à 17 H 00
Le 16 septembre : Heidegger philosophe de l’Etre et du Temps
Le 19 octobre : L’énigme de la rose ? richesses philosophiques du Petit Prince.
Le 16 novembre : Les philosophes du système : penser la métaphysique.
Marseille (13)Fnac Marseille Centre Bourse. Forum à 10 H 30
Le 11 septembre : Les philosophes du système.
Le 9 octobre : Autrui : un autre Je.
Le 13 novembre : La philosophie du Petit Prince.
La Valentine (13)Fnac La Valentine de 14 H 30 à 16 H 00
Le 11 septembre : Les philosophes vus par les anecdotes.
Le 9 octobre : Cas de conscience.
Le 13 novembre : La philosophie du petit prince de Saint-Exupéry.
Toulon (83)Fnac Toulon à 17 H 30
Le 21 septembre : Les philosophes du système.
Le 22 octobre : Heidegger : un philosophe de l’Etre et du temps.
Le 24 novembre : L’énigme de la rose : richesses philosophiques du Petit Prince.
Université du temps libre :- Le 4 octobre (Journée portes ouvertes – Université du temps libre de Toulon) : À 14 heures : Faculté de Droit. Amphi 500. 2 (entrée libre).Conférence : Saint-Exupéry : philosophe de l’action et de l’habitat.
- Le 23 novembre : Université du temps libre de Cannes. « Voyage de la philosophie dans la Méditerranée : l’Antiquité »
Café philo / associations :
- Le mercredi 20 octobre : Philosophie et humanisme d’après le Petit-Prince.
- Le jeudi 4 novembre 2010 à la Maison du Patrimoine au Brusc : Le Dieu des philosophes ?
- Le mercredi 9 février 2011 au théâtre Galli à Sanary : Faut-il combattre les passions ?
LyonLibrairie Decitre Lyon (place Bellecourt) :
13 octobre. L’énigme de la rose ? Richesses philosophiques du petit prince.
Salons du livre (présentation de tous les ouvrages) :
Fête du livre : Barcelonnette. Le 25 septembre.
Salon du livre de Lyon : Les 5, 6, 7 novembre.Stand des éditions Mémogrammes.
Salon du livre de Toulon : Les 19, 20, 21 novembre.Stand Librairie Charlemagne
Belgique
Belgique : Le 7 octobreUniversité du temps libre de Tournai. Conférence inaugurale suivie de dédicaces
A 14 heures : Pourquoi philosopher ?
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30.7.2010 par admin.
Internet, pas si net !
De toute évidence, le nombre d’abonnés à Internet ne cesse d’augmenter et nous pouvons dire que chaque ménage qui possède un ordinateur semble aussi, avoir opté pour une connexion au net. Bien souvent aussi, à l’achat d’un ordinateur on vous offre quelques heures d’abonnement afin de créer “la dépendance”. Et oui, au domicile ou sur les lieux du travail Internet a su s’imposer comme une nécessité, une nouvelle technologie indispensable… à l’université par exemple il est un moyen non seulement d’avoir accès aux informations mais aussi un moyen de transmettre des courriers, des notes… De l’outil de travail, à l’instrument facilitant la consommation, ou encore outil ludique, Internet a trouvé sa place et a su “imposer” son utilité.
C’est pourquoi “la philosophe” que je suis, avait à cœur d’aborder ce nouvel outil de communication. Présenter à l’origine comme un fabuleux moyen de communication et d’accès au savoir, Internet a également su montrer ses paradoxes avec ses déviances, et son utilisation détournée de toute morale. Internet n’est-il pas aussi un outil au service de la corruption, des menteurs et des réseaux mafieux ou extrémistes ?
A l’heure de la revendication de la liberté d’expression comment favoriser une éthique de la communication ?
Certes Internet reste une fabuleuse source d’informations et de communication, rapide et efficace. Il s’agit d’un outil efficace qui renforce la rentabilité professionnelle, permet de gagner du temps et de correspondre avec la famille ou les amis qui se sont éloignés. Pourtant, il faut se méfier : si chacun peut créer un site, rien ne garantit l’exactitude des informations qui y sont évoquées. Il devient alors rapidement un lieu de propagation des opinions. Il passe alors à côté de la vérité, ou de la science. L’écran a donc remplacé la paroi de la caverne, chère à Platon, où les ombres se projetaient au regard de prisonniers qui les prenaient pour la réalité. Ce qui invite alors à la vigilance et à la nécessité de faire un tri.
Puis nous ne pouvons ignorer les déviances et la nécessité de protéger les mineures devant ce nouvel outil. Les différents “chats” ou salons de conversation proposent un ensemble de jargons internautes “déconnectés” de la réalité. Sur la forme, trop souvent, les dialogues se limitent à une expression phonétique modifiée par la nécessité d’écrire vite. Pour les plus jeunes, c’est-à-dire ceux qui ne maîtrisent pas encore l’orthographe, cela peut avoir des effets néfastes sur leur scolarité. Sur le fond, le contenu des “conversations” est souvent déplorable : de la drague lourde, à connotation sexuelle dont personne ne voudrait à la vie, dans une rencontre réelle; des dialogues qui tournent en rond, sans véritable contenu… et des enfants ou adolescents qui peuvent être manipulés par des adultes sournois… Là, les parents ont véritablement un rôle à jouer : non pas de censeurs, mais de protecteurs. A cela s’ajoute que la notion de temps de connexion est complètement faussée : certains adolescents négligent leurs devoirs pour retrouver les copains internautes, pour jouer en réseau. Il est loin le temps de la partie de cartes entre amis : moments de rencontre, d’échange de rires… C’est pourquoi il importe de mettre en place d’une éthique de la communication.
Enfin, notons qu’Internet engendre une communication faussée dans laquelle les correspondants (les adultes sont également concernés) sont, eux-mêmes manipulés et abusés : l’écran faisant obstacle à l’intersubjectivité : difficile de croire en la sincérité des échanges.
Le phénomène de transfert s’est accentué avec la mode Facebook. Chacun peut mettre en ligne ses photos, créer son groupe d’amis, de fans, rejeter selon ses propres critères les individus à exclure. Facebook permet donc de créer son petit salon où l’on cause… mais de soi bien sûr ! Narcisse ne se mire plus dans l’eau, mais constate sa popularité à mesure que le nombre de ses contacts augmente. Sa cote de popularité a un effet miroir sur son ego. Le prince en son salon privé se joue des apparences et alimente les discussions avec ses « valets »… Ainsi chacun peut étaler sa vie sur un écran, et se donner l’impression de passer à la télé pour y mimer sa propre saga : “Amour, gloire et beauté”
Alors, nous pouvons nous réjouir de constater que certains acceptent de quitter leur place d’Internaute, leur « caverne » pour enfin se consacrer à la vie réelle, rétablir les discussions entre amis, entre voisins.
Il suffit parfois, non pas d’un simple clic, mais d’un chaleureux sourire, d’un regard bienveillant pour concrètement rompre sa solitude et entrer en relation. L.V.V
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2.7.2010 par admin.
La philosophie du Petit-Prince…
Le récit se présente sous une forme illustrée, et prend un caractère immédiat de biographie. Il est difficile de dire alors à quel genre de situation nous allons avoir à faire : une rêverie, une expérience mystique, ou une rencontre du troisième type? Une chose est sûre, c’est que Saint-Exupéry se présente comme un homme incompris, ou alors qui dessine trop mal pour l’être, ou encore qui est trop original, particulier pour être profondément saisi.
Ainsi l’œuvre s’ouvre sur un avertissement : il ne faut pas se fier aux apparences et saisir un ensemble, ne pas toujours s’arrêter au détail pour saisir l’universalité des choses, aller au fond des êtres pour savoir qui ils sont.
Saint-Exupéry renoncera à une carrière de peintre, s’instruira, deviendra pilote, avec cette nostalgie du peintre refoulé. Il sera malgré tout tenace puisqu’il proposera souvent l’analyse de son dessin, espérant qu’un jour il serait vu pour ce qu’il représente réellement, ou à défaut reconnu par compréhension, tolérance. Malgré sa désillusion et ses sentiments à l’égard des grandes personnes, il espérait … « Quand j’en rencontrais une qui me paraissait un peu lucide, je faisais l’expérience sur elle de mon dessin numéro 1 que j’ai toujours conservé. Je voulais savoir si elle était vraiment compréhensive. Mais toujours elle me répondait : « C’est un chapeau ». Alors je ne lui parlais ni de serpents boas, ni de forêts vierges, ni d’étoiles. Je me mettais à sa portée. »
Saint-Exupéry avoue donc « J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement ». Je ne pouvais m’empêcher ici de convoquer notre ami Descartes. Lui qui était seul dans sa méditation offre quelque similitudes avec Saint-Exupéry. Et pour ceux qui aurait quelque doute, j’ajouterai qu’il évoque lui aussi la solitude, le solipsisme nécessaire à la pensée. « Discours que je me tiens à moi-même » nous dit Platon. Et lorsque Descartes évoque pour la première fois autrui, à la Seconde méditation c’est pour nous dire « Lorsque je regarde par la fenêtre je ne vois que des manteaux et des chapeaux » .
Nous y voilà, il voit lui aussi un chapeau sans savoir ce qui se cache dessous. Bien entendu, il ne voit pas un serpent boa qui digère un éléphant, une conscience qu’il ne peut démontrer puisque ce n’est pas la sienne. Descartes est un peu trop rationaliste puisqu’il n’est pas capable de voir ce qui se cache sous les apparences, mais en suspendant sa pensée, il est comme Saint-Exupéry seul dans sa méditation, seul dans son doute. Par là-même il confirme que ce qui se montre, ce qui nous apparaît n’est pas forcément vrai. Ainsi la vérité se cache et demande à être démontrée, dévoilée. Il faut donc soupçonner l’expérience sensible, et admettre qu’elle est source d’illusion. (illudere = se jouer de). Saint-Exupéry se veut donc cartésien.
Pour renforcer encore ce sentiment de solipsisme, n’oublions pas qu’il va situer son aventure en plein désert. Le mot « solitude » conjugue un sentiment d’abandon et de paysage désertique. Ainsi l’auteur de toute évidence veut dire sa solitude physique et morale, son abandon, son désert affectif lié à l’incompréhension.
Son expérience va donc se produire en plein désert, suite à une panne (peur de la page blanche, la panne de l’écrivain) ou dans sa tête tout simplement, suite à un choc émotionnel, une forme de rupture avec le monde trouble et intolérant qui l’entoure « Quelque chose s’était cassé dans mon moteur » (avec la nécessité psychologique et vitale de faire le point). En tous cas, cette situation est urgente. Il faut s’en sortir : physiquement et moralement. Un second impératif s’impose : la survie. « je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. » . Deux analyses sont possibles : soit l’expérience est réelle et il faut agir vite et avec sang froid ; soit l’expérience est psychologique et si la tentative de se réconcilier avec les autres échoue, l’on peut penser que le suicide est suggéré. Ainsi la question de la vie ou de la mort, ici, nous rappelle le spectre shakespearien du « to be or not to be » ou même de Camus qui affirme que : « le premier problème philosophique c’est le suicide, le moment de savoir si la vie vaut la peine ou non d’être vécu ».
Enfin, c’est le réveil, étonnant comme l’étonnement naïf du grec antique, qui s’interroge sur son origine et son devenir afin de trouver la réponse en lui. N’oublions pas la maxime socratique « connais toi toi-même ! » qui nous livre un commandement et une maxime. La quête doit se faire intérieure, et la maïeutique nous enseigne que la vérité est en nous. Alors le Petit Prince n’est peut être qu ‘une rencontre avec soi même un désir au sens freudien de demeurer enfant, et surtout une volonté de rêver à cet état particulier où sous le couvert de l’étonnement nous allions à la rencontre du monde, sans arrière pensée, avec vérité et spontanéité. (même si par la suite la dure réalité peut nous rappeler que la vie est dure et que l’enfance n’est qu’une période à l’égard de ce qui nous attend ensuite.) Ainsi au réveil, ou encore sous l’effet du sommeil car après tout si l’on reste cartésien au regard de la première méditation : qu’est-ce qui nous permet de distinguer la veille du sommeil ? nous ne le savons pas tant que nous n’avons pas connu deux nuits consécutives (un jour une histoire, une nuit une autre, un jour la suite de la première histoire, et enfin une nuit où le rêve diffère de celui de la première nuit : donc il n’y a pas de continuité, mais pour cela il nous faut par expérience attendre deux jours et deux nuits) il y a une petite voix qui s’exprime : est-ce la conscience ? En tous cas c’est ce que Saint-Exupéry nomme le Petit Prince. Et à ce stade de l’analyse, nous ne pouvons affirmer définitivement si Saint-Exupéry rêve ce qu’il va ensuite écrire où s’il nous livre un rêve éveillé, à savoir une évasion imaginaire, ou bien un retour dans son passé (dans son enfance par le biais d’un malaise inconscient), un fait réel (à savoir une panne) ou encore une rencontre du troisième type (ceci serait alors un récit fantastique, ou mystique). La question reste pour l’heure entière mais par l’analyse philosophique prend de l’ampleur. (parce qu’à la première lecture, toutes ces possibilités n’apparaissent pas ? ou alors j’ai peu d’esprit : quelqu’un d’entre vous a-t-il pensé tout cela à la simple découverte de cette heure ? non, vous me rassurez, oui, vous êtes un géni, et vous devriez prendre ma place pour nous livrer la suite de l’analyse !) car pour ma part, j’ai longuement réfléchi avant de vous livrer ceci.
Alors tout ceci modifie l’aspect du Petit Prince.
Soit il s’agit d’une rencontre banale (mais le récit nous prouve que non), soit d’une rencontre du troisième type (et tout s’y prête avec l’histoire de sa planète qui n’est pas la notre), soit c’est un inconscient qui ressurgit (à 6 ans incompris, six ans plus tôt la rencontre, est-ce une résurgence du passé ?) justement en un être incompris, comme s’il venait d’une autre planète; alors l’histoire du Petit Prince serait celle d’une névrose : alors à l’heure où je vous parle Freud doit s’en frotter les mains, heu ! les os).
Soit il s’agit d’une conscience qui s’interroge sur l’absurdité de l’existence : (naître pour mourir), et sur son humanité : (comment dépasser sa misanthropie, et apprendre à aimer son prochain, même s’il ne fait pas preuve de tolérance à notre égard, même s’il ne se fie qu’aux apparences, qu’aux qu’en dira-t-on ? et qu’il juge sans savoir).
Pour ma part je retiendrai la dernière solution et pour moi, le Petit Prince est l’acte d’une conscience qui veut avant d’en finir avec autrui lui lancer un appel ultime à la tolérance et à un humanisme qui lui fait tant défaut. La fraternité ne peut se répendre que pour des êtres réconciliés avec eux-mêmes et capables de s’apprivoiser. Ils sont alors en mesure d’habiter le monde et d’ouvrir un espace de relations.
Ainsi voyez-vous l’importance du propos de Saint-Exupéry ? Ce livre est digne d’un manuel d’Epictète, il tient dans la main, et contient toute la morale d’une quête vers la fraternité.
Prochainement en conférence… L’enquête philosophique sur le Petit Prince et l’amour !
(conférences programmées en octobre et prochainement annoncées dans l’agenda !)
L.V.V
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28.6.2010 par admin.
De toute évidence, l’égalité des sexes semble difficile à concevoir : physiquement, intellectuellement, dans les droits, l’égalité des chances, des salaires… Peut-être aussi parce que parfois on a tout mélangé ! La lutte pour l’égalité a dévié en guerre des sexes et finalement s’est transforrmée en revendications féministes, excessives, voir absurdes, et en mauvaise fois masculines, bouclier efficace à toutes discussions possibles.
Constatons toutefois que l’orgueil masculin a souvent nié l’efficace des femmes et l’on a souvent relégué la place des femmes au rang de second rôle : dans certains corps de métiers, on a limité leur accès aux grades supérieurs; en médecine, longtemps la femme s’est vue fermé la porte des spécialités “nobles” : chirurgie, cardiologie, etc et on l’a cantonné bien trop souvent au poste d’infirmière; il en est de même en ce qui concerne les postes d’enseignant, l’université était essentiellement accessible aux hommes et le poste d’institutrice a semblé bien souvent lui convenir.
Les ouvrages d’histoire de la philosophie ne mentionnent que trés rarement les théories des femmes à l’exception de Anna Arendt ou encore Simone Weil, les autres sont les grandes oubliées. A croire qu’elles ne savent pas penser ! Ou plutôt, peut-être croit-on qu’elles sont incapable d’accéder aux grandes abstractions scientifiques - qu’elles soient philosophiques, ou mathématiques.
Ainsi, les femmes sont davantage considérées comme des “femmes de lettres”, des “écrivains” bien plus que comme des penseurs ou des philosophes. Ce qui semble conférer un manque de rigueur à leurs écrits, comme s’ils étaient marqués par une connotation émotive, par leur sensiblerie ou leur romantisme exacerbé.
Trop souvent, donc, on fait l’impasse sur ses femmes philosophes, comme si leurs écrits étaient peu convaincants ou pas assez sérieux. Comme si, avant même de les avoir lus, on avait considéré qu’elles n’allaient écrire que des pensées simplistes, non structurées. Comme si la femme était incapable d’écrire sur un autre sujet qu’elle-même, comme si son travail de réflexion se limitait aux propos féministes. C’est pourquoi il est important d’affirmer l’existence des femmes philosophes, l’ingéniosité de leurs systèmes philosophiques. Il faut leur rendre justice : cessons de minimiser leur importance et la qualité de leurs réflexions.
L.V.V
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13.6.2010 par admin.
Si la souveraineté renvoie à l’idée d’une autorité suprême, il semble qu’il s’agit alors du principe qu’elle incarne, ou de l’individu au-dessus duquel il n’y a rien de plus élevé. La vie en société soulève une complexité combinatoire qu’une souveraineté se doit de pouvoir contenir, celle de l’impétuosité des passions humaines liées à la dissension des intérêts et des estimations potentielles qui doivent conduire à une société pacifique. La souveraineté, outre le devoir de se maintenir, se doit aussi, pour observer son rôle, de gérer et d’organiser ses différents aspects. En fait, la souveraineté doit au préalable s’instituer. Vouloir fonder le politique, c’est penser le fondement à travers la métaphore architecturale, qui renvoie à l’idée de fondation sur laquelle se construit l’édifice. Ce n’est pas sans nous rappeler la démarche cartésienne pour qui l’édifice lézardé de la connaissance doit être détruit afin de rebâtir, cette fois-ci, le savoir sur des bases solides. Cette question semble se poser aux philosophes affectés ou impliqués dans une vie sociale mouvementée ou corrompue, dans la mesure où leurs existences sont liées à la vie collective : souvent au cœur des débats, ils sont parfaitement au courant des préoccupations de la Cité. En des époques différentes, Rousseau et Hobbes ont élaboré des systèmes politiques où communément nous observons l’apparition du contrat. Aussi sommes-nous en droit de nous interroger sur l’organisation et l’élaboration de tels contrats. Sur quoi repose donc la nécessité du contrat ? Rousseau et Hobbes nous offrent-ils au regard de leurs doctrines un contrat analogue ou contradictoire ?Et enfin quel est le but essentiel du contrat, servir l’homme ou les intérêts de la souveraineté ?
Pourquoi est-il nécessaire de recourir au contrat ? Sur quoi se fonde-t-il ? pour répondre à nos première question nous allons être obligés de faire un détour par l’état de nature qui est au fondement des théories du contrat. La notion « d’état de nature » fut couramment utilisée au XVIIème siècle par les philosophes. Cependant elle est contemporaine de la naissance de la philosophie, et ceux qui s’étaient préoccupés de cette notion dés l’Antiquité étaient en général des physiciens tels qu’Aristote, Héraclite, Lucrèce … etc, et ils considéraient la nature comme ce qui renvoie à l’acte, à la disposition de se réaliser c’est-à-dire de se produire. Ce qui nous amène à la genèse, aux principes qui sont à l’origine des lois de l’évolution et de la conservation.
Dans son évolution, ce terme prit un autre sens et paradoxalement semblait même s’opposer, pour certains philosophes, à l’idée de loi. Il parait alors désigner la situation d’un groupe d’hommes non civilisé, n’ayant pas accédé à une organisation sociale, ni institutionnelle. Nous pouvons même dire qu’il s’agit d’un stade antérieur à celui du social, dans lequel les hommes sont livrés à eux-mêmes. Il s ’agit d’un état premier et théorique qui touche les hommes alors qu’ils n’ont pas encore d’organisation sociale qui puisse les tenir en respect. L’état de nature n’est cependant pas à placer hors du temps, dans le long sillage de l’origine, il s’agit en fait de la recherche du fondement de l’humanité. Même si cette notion est saisie comme une fiction, Rousseau affirmant même que « ce n’est pas une légère entreprise de démêler ce qu’il y a d’originaire et d’artificiel dans l’état de l’homme… »1, elle n’est pas dénuée d’intérêt car elle s’impose comme une hypothèse au fondement de théories politiques et a, en ce sens valeur d’hypothèse scientifique, puisque « cet homme n’existe pas direz-vous, soit mais il peut exister par supposition »2. L’homme naturel n’est donc ni antérieur, ni extérieur à la société, et il nous appartient de retrouver sa forme immanente à la condition sociale. Rien n’est interdit dans l’état de nature, puisque la loi n’est pas encore instaurée et que chacun ordonne sa vie à sa survie. Chez Rousseau par exemple, les hommes s’occupent dans une vie simple et tranquille, à des tâches qu’ils réalisent en corrélation avec la nature, mais aussi en vue du bien-être. « Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique (…) ils vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu’ils pouvaient l’être par leur nature… »3. L’état de nature est ainsi conçu comme étant un état d’abondance, d’indépendance et d’innocence, où les hommes ne sont mus que par deux sentiments naturels : - le désir naturel de conservation de soi, que Rousseau nomme amour de soi, et - la pitié qui nous fait éprouver de la compassion devant la souffrance de nos semblables. Rien de ces sentiments naturels ne semble évoquer la méchanceté, le désir de domination et de possession remarqué chez Hobbes. Cependant cet état agréable sera à jamais corrompu et gâché lorsqu’un homme s’écrira ceci est à moi ! affirmant alors sa supériorité sur les autres par la propriété privée, mais aussi car à partir de ce jour les hommes vécurent dans des rapports de dépendance négatifs, par le besoin. Les uns se faisant les esclaves des autres au rythme des moissons et des vendanges, laissant alors à la sueur de leur front paraître leur misère. Le mal social est alors la résultante des maux que les individus s’infligent l’un à l’autre et chacun à lui-même. Mais comme nous l’avons affirmé cet état de nature est à envisager sur le plan théorique. En effet, lorsque nous observons un groupe d’hommes vivant ensemble, qu’ils soient ou non membres d’une même famille, il semble qu’il soit gérer par un minimum de règles sociales. Une sorte d’autorité s’est imposée qu’elle soit patriarcale, ancestrale ou même qu’elle repose sur un chef, et il n’est pas nécessaire que l’Etat apparaisse pour qu’il y ait surgissement du pouvoir.
Il semble en effet, qu’Aristote soit le seul à concevoir que par nature l’homme soit un être social. Plus exactement, il considère que par nature l’homme est destiné à vivre dans une cité, puisque à travers elle, il trouve son humanité et réalise sa sociabilité. « La cité est au nombre des réalités qui existent naturellement et l’homme est par nature un animal politique »4. Mais bien avant même l’existence de la cité, l’homme éprouve le besoin de s’associer à la femme afin d’établir des relations amoureuses mais aussi en vue de la reproduction. Le groupe domestique comprenant le père, la mère, les enfants, et les esclaves, constitue la forme la plus élémentaire de l’association issue de la nature. « L’amour entre mari et femme semble bien être conforme à la nature car l’homme est un être naturellement enclin à former un couple »5. Lorsque diverses familles s’associent, elles forment le village où chacun satisfait à ses besoins immédiats. L’homme trouve alors dans la cité, la possibilité d’échanges économiques, mais aussi par la vie en communauté, il accède au bonheur par la vertu et le respect de la justice. C ‘est donc bien, d’après Aristote, par une inclination naturelle que l’homme s’associe à ses congénères. Cependant, d’autres auteurs pensent que la sociabilité est purement conventionnelle. Dés lors, et à l’inverse, l’état de nature se présente comme un état représentatif et théorique de ce que sont les rapports entre les hommes lorsqu’ils ne sont tenus par aucune règle ou loi sociale.
1- Préface au Second discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes
2- J.J. Rousseau, Lettre à Christophe de Beaumont.
3- Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, seconde partie.
4- La Politique, L I
5- Ethique à Nicomaque, L VIII
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13.6.2010 par admin.
La conception de l’espace, du ciel n’a pas toujours été liée aux mathématiques. Dans les cités primitives, notamment, les hommes reliaient par crainte et superstition les phénomènes du ciel aux divinités et à des événements terrestres. Cette conception véhiculait également un ensemble d’interprétations fortuites qui tenait lieu de justifications.
Dès l’Antiquité grecque, on remarque que les philosophes proposèrent une conception géographique du ciel. Ils en établirent la carte. Par suite, Aristote perçut le mouvement des astres. Il pensait en effet, que l’univers était mu à l’origine par un principe “premier moteur de l’univers : Dieu”. Ce dernier avait donc transmis cette animation, cette possible mobilité des astres et des choses. Ptolémée, quant à lui, défendait l’idée d’un monde conçu comme mouvement, avec en son centre : la Terre.
Mais Copernic viendra changer cette conception de l’ordre des choses, ramenant le spectateur à son humilité : l’homme ne sera plus un simple observateur immobile devant un monde en plein mouvement, s’offrant à son regard comme une représentation théâtrale. L’homme appartient également à ce monde, il en est un des éléments parmi beaucoup d’autres. Il en fait partie, ce qui réduit sa prétention. L’homme relativise alors sa place dans l’univers.
Que s’est-il passé pour que cette conception du ciel à laquelle l’homme était rivée soit révisée ?
Galilée a proposé une autre formulation de l’univers. Par le langage mathématique, il a affirmé une codification, une géométrisation des phénomènes perçus. Newton a, quant à lui, énoncé une loi de la gravitation universelle, pour expliquer le mouvement des astres.
Ainsi, entre cette pensée antique et cette conception moderne, il ne faut pas tant noter ce qui est différent, mais plutôt, ce qui considérablement les unit : la notion de force. Mais, de toute évidence, les phénomènes, au risque de se confondre avec ce langage mathématique, de se réduire à l’équation, lui résistent.
C’est pourquoi aujourd’hui, se donne à voir un espace plus grand, avec plusieurs mondes (ou galaxies) et nous pouvons affirmer l’existence d’un agrégat.
Au lieu d’observer un univers dans un ciel, nous voyons des objets, tous singuliers.
Ainsi l’histoire philosophique de l’astronomie révèle que trois grandes pensées l’ont marquée :
- une conception antique qui évoquait déjà un paysage fini composé d’étoiles, conçu toutefois dans sa mobilité.
- puis, une conception mathématique viendra balayer la réalité concrète du phénomène, au profit d’une abstraction codifiée.
- enfin, s’est substitué un paysage infini d’astres, en mouvement, concret : un univers de diversité et de singularité qui finalement s’exprime dans un langage physique et poétique. Nos astronomes observent donc des beautés célestes qui répondent aux doux noms de : supernovae, la chevelure de Bérénice, étoile double, la grande nébuleuse, amas stellaires…
Ainsi, comme l’écrivait Mach : “La science ne se présente pas avec la prétention d’être une explication complète du monde, mais avec la conscience de travailler à une conception future de l’univers”.
L.V.V
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12.6.2010 par admin.
Vouloir philosopher
Philosopher consiste en une disposition d’esprit particulière. Par son étymologie, la philosophie, philosophia de philein aimer et sophia sagesse, signifie que philosopher, c’est aimer la sagesse. Cet amour nous invite à tendre vers elle, à vouloir devenir sage.
Cette sagesse est à envisager comme l’appropriation d’un savoir et par conséquent, concerne celui qui est raisonnable. Cela signifie que le philosophe demeure l’ami de la sagesse et qu’il s’évertue à la détenir.
Comment concevoir cette sagesse ?
- D’un point de vue théorique, elle se caractérise par le savoir, la science, la quête de la vérité.
- D’un point de vue pratique, elle renvoie aussi à une attitude sage, modérée et réfléchie.
Ainsi, le philosophe désigne-t-il celui qui détient un certain savoir et qui parvient à se maîtriser, en toutes circonstances. Il use de son esprit pour agir raisonnablement et en homme de bien.
Toutefois, le philosophe ne peut réfléchir à des concepts vides qui le détacheraient du monde et donc des hommes. La naissance de la sagesse consiste en la prise de conscience de cette ouverture au monde.
Le pouvoir de la pensée consiste en ce qu’à chaque fois qu’elle s’interroge, elle exprime le point de départ d’une nouvelle construction. Ce point initial désigne une totalité individuelle correspondant à une période, une culture, un caractère particuliers. Il coïncide avec celui qui se met à penser, au moment où il pense. Ce penseur, qui est en sympathie avec son époque, constitue un axe novateur de la pensée qui s’élabore à partir d’un déjà-là, à savoir les acquis personnels de celui qui réfléchit. Cependant sa réflexion s’inscrit dans l’histoire collective de la pensée. Les philosophes passés constituent un héritage qui mérite d’être examiné, même si c’est pour en contester la valeur. Constatons également que dans l’Antiquité tous les savoirs étaient mêlés et l’on n’était pas philosophe si l’on n’était pas non plus physicien, historien, etc. Cela manifestait la volonté d’accéder à l’universalité du savoir.
La philosophie n’est cependant pas seulement une science, elle invite aussi à une attitude intellectuelle qui prépare à l’action. L’homme qui s’adonne à la philosophie se situe entre la science et l’ignorance. La réalité existentielle met l’homme à l’épreuve. Ainsi la conscience souhaite-t-elle vérifier son savoir. D’autant que chaque événement vécu la place face à une situation inédite à laquelle elle va devoir s’adapter. Et elle n’a de cesse que son progrès.
La philosophie renvoie également à une éthique du bonheur. Nous l’avons dit, l’homme possède des principes internes qui suscitent en lui les motifs de l’action. Cette dernière est réalisée à l’aide de la volonté, c’est-à-dire de la tendance qui pousse l’homme au choix ; et les mobiles qui déterminent l’action sont liés à la connaissance car ils sont filtrés par la raison, qui a pour tâche de synthétiser ses motifs et de donner en quelque sorte son approbation au vouloir.
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