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Archive de la catégorie Conférences/Débats

UTL de Cambrai : Les 12 et 13 avril - Conférence/Dédicaces avec la librairie Majuscule

Les 12 et 13 avril 2011 : Université Libre de Cambrai

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 1.      BANQUET PHILO

En plus de sa conférence du mardi après-midi, Laurence VANIN-VERNA interviendra les mardi et mercredi, de 9h45 à 11h45 à la Grange Dîmière (entrée rue St Julien, sur le côté du Théâtre).

Ces conférences sont ouvertes à tous et gratuites.

Mardi 12 : les philosophes de l’Antiquité

La philosophie s’est développée dans l’arc méditerranéen et s’est nourrie de la rencontre entre différents penseurs. Les écoles se sont créées, témoignant de l’effervescence de la pensée. Cette conférence est un retour aux sources de la philosophie. Elle nous aidera à comprendre ses enjeux.

Elle sera suivie, pour certains, par un déjeuner à 12h au Restaurant du Mouton Blanc.

Débat philo : Les philosophes vus autrement ! La vie anecdotique !

 

Mercredi 13 : Nietzsche, la philosophie à coups de marteau.

 

Peu reconnu de son vivant, Friedrich Nietzsche a exercé une influence importante sur la philosophie contemporaine. « Comment philosopher à coups de marteau », est le sous-titre qu’il a donné à son ouvrage conçu comme le résumé de toute sa philosophie : Le Crépuscule des idoles.

1.      CONFERENCE mardi 12 avril à 15h précises au Théâtre

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Dans le 4ème livre de sa collection « La philo ouverte à tous », Laurence VANIN-VERNA réfléchit sur l’homme du XXIème siècle, sur ses tourments et ses désillusions.

L’homme bouleversé ?Les remèdes philosophiques 

L’homme semble actuellement désorienté. Il a l’impression que ses certitudes s’étiolent, que des vérités lui échappent. Il tente de comprendre ce monde dans lequel il est jeté, essaie de le décoder, de le déchiffrer, de le connaître mais sans succès.

Sa raison se montre, malheureusement, radicalement impuissante à tout saisir. D’autant que la science n’a pas tenu toutes ses promesses, elle tâtonne ; et ce qui semblait être la manifestation de son progrès ne témoigne que de ses errements. L’homme comprend alors qu’il n’est guère avancé, que les questions d’hier persistent encore aujourd’hui. Cet essai place l’homme face à ses plus grands bouleversements existentiels et l’incite à réfléchir sur la nécessité de sortir du chaos afin de trouver les moyens de soulager ses maux et espérer sortir de son désenchantement.

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L’an passé Laurence VANIN-VERNA avait ouvert le débat sur « Pourquoi la Philosophie ? ». Rappelons qu’elle est Docteur en philosophie et professeur à l’Université du Sud Toulon Var, directrice de la collection « La philo ouverte à tous » aux Editions Ellipses et de la collection « Les carnets de l’Olympe » aux Éditions Mémogrammes.

Une séance de dédicaces sera organisée après la conférence en partenariat avec la librairie MAJUSCULE.                                                         

Le Président Pascal LASSELIN

Les rencontres du mois d’avril : toute l’actu de Laurence Vanin-Verna

Les rencontres du mois d’avril 2011 : 

Le 5 avril à 17 h 30 : Fnac Toulon, Forum : Les philosophes de l’Antiquité 

Le 5 avril à 19 h 00 : Librairie Charlemagne : Le philosophe et le rire 

Le 11, 12, 13 avril : Université libre de Cambrai
Conférence : L’homme bouleversé
Journée banquet ! Les philosophes de l’Antiquité, La philosophie à coup de marteau ! 
 

Le 16 avril : Fête du livre de 10 h à 19 h au Castellet.

Le 21 avril à 17 h 00 : Fnac de Nîmes, forum : Le temps intelligent ou vécu.

N’hésitez pas à en parler à vos amis !

Théâtre Galli - Café philo le 9 février à 19 h 30 - Faut-il combattre les passions ?

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Les expressions qui désignent la passion, ramènent à cette idée de confusion, d’altération. La passion nous trouble, chacun le sent même si personne ne saurait dire vraiment quelle est la pureté qui vient d’être troublée. Si la passion est confuse, elle sera aussi bouleversement, force de dispersion, force de chaos et d’anarchie. La passion renvoie donc au contraire d’un idéal de pureté, c’est pourquoi dès l’Antiquité les philosophes l’opposent à la clarté, à la lumière, métaphore de la raison. Pourtant d’autres considèrent que a passion est dynamique, source d’actions et de motivation. Alors doit-on combattre les passions ou au contraire les accepter ?

Venez en débattre avec Laurence Vanin-Verna, le 9 février au théâtre Galli…

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Théâtre Galli - 19 heures 30 - Sanary sur mer

Contact

Jean-Michel BERENGUIER

Le Rendez-Vous des Idées06 70 31 48 35 

Séance inaugurale U.T.D. de Tournai - Le 7 octobre 2010.

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C’est avec plaisir que j’ai participé à la séance inaugurale de l’université du temps libre de Tournai. Je tenais à remercier les acteurs politiques de la ville et la responsable de l’UTD, Emmanuelle Masure et son assistante Caroline Vansteenbrugge. J’ai également beaucoup apprécié la générosité de ce public si chaleureux. Les échanges avec les adhérents furent riches et pertinents et je les en remercie vivement !

Jeudi 7 octobre 2010 – 14h00
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Pourquoi philosopher ? Les chemins de la liberté.

Trois cents adhérents de l’Université du Temps Disponible de Tournai ont littéralement été conquis par l’exposé de madame Laurence Vanin-Verna présenté avec talent, dynamisme et enthousiasme !

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Une formidable rentrée académique pour nos aînés et une ouverture à la réflexion sur le sens de nos actes…

« L’important est de toujours réussir à s’étonner du monde, à s’interroger sur la réalité de notre quotidien et sur notre manière de voir la vie. »

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19h00

Soirée intimiste sur les pas des philosophes et les anecdotes de leurs vies.

Ambiance feutrée, écoute maximale !

Emmanuelle Masure

L’esthétisme reconsidéré

Commençons par ces mots de Bergson dans L’évolution Créatrice  : « Quel est l’objet de l’art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature. Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dans l ‘espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. Notre regard saisirait au passage, sculptés dans le marbre vivant du corps humain des fragments de statue aussi beaux que ceux de la statuaire antique. Nous entendrions chanter, au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure. Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien de tout cela n’est perçu par nous distinctement ».

C’est dire la difficulté de définir la finalité de l’art. (exprimer le fond de nos consciences, esthètiser un réalité trop prosaïque ?) Les figures traditionnelles de l’esthétisme (aisthèticos : que les sens peuvent percevoir) renvoie incontestablement à la beauté, quoique parfois le laid semble également figurer.
Mais en-a-t-il toujours été ainsi ? Cette vision de l’esthétisme n’a-t-elle pas été reconsidérée à partir d’un esthétisme latent qui était alors à concevoir comme technique ou comme pur calcul ?

Car le siège du problème est bien là. L’esthétisme parfait calcul ou réalisation technique, puis pure beauté, puis possible abstraction marque en fait les différents moments d’une esthétique reconsidérée à travers les temps et les époques, et pour comprendre l’art il faut donc y introduire une dimension historique c’est-à-dire son devenir.
Il s’agit alors d’établir un rapprochement entre la réalité matérielle et l’esprit. C’est ce qui motive nos propos d’aujourd’hui, cette redéfinition à travers les temps de l’esthétisme, d’un point de vue philosophique et historique (au sens d’histoire de l’art).

C’est pourquoi nous constatons que, dans un premier temps, l’art n’a été envisagé que comme technique. Il s’agissait en effet d’un savoir faire qui conduisait à la réalisation d’un bel objet. Pour le créateur, il consistait en une combinatoire c’est-à-dire en un pur calcul.

Puis l’art évolue. Il devient l’accomplissement du Beau, tel que nous l’envisageons ne serait-ce qu’à travers la notion de beaux-arts. Certes, il est l’application d’une technique mais à cela s’ajoute la manière particulière à chaque artiste : son talent, son géni. Il s’envisage alors comme harmonie des proportions, jeux de sons, de couleurs ou de formes.

Puis, dans son évolution, l’art a dévié vers l’abstraction. Entre provocation, nécessité d’une formule explicative véritable sésame pour la compréhension, l’art a pris une autre dimension. Il semble désormais s’adresser à un public averti. Il s’est en réalité complexifié car celui qui naïvement contemple une oeuvre “contemporaine” peut rester perplexe. L’art déconcerte. Alors, celui qui ne comprend rien crie au scandale, et conteste jusqu’au talent de l’artiste.

C’est pourquoi aujourd’hui, il faut choisir : mettre en évidence l’aporie de l’esthétisme ou au contraire affirmer un esthétisme reconsidéré !

L.V.V

Eloge de la laideur !

Notre société encense la beauté. Il faut pouvoir être belle et rester jeune, mince mais pulpeuse,… Tout ceci semble utopique et pourtant à voir les étales des parfumeries, les produits diététiques, amincissants et rajeunissants, cela fait recette. Sans parler de l’aspect providentiel de la chirurgie esthétique. Cette chirurgie se répand et bientôt, celle qui refusera de passer par le bistouri n’aura plus le droit de prétendre à un poste en rapport avec la communication et la clientèle et se contentera d’un poste en retrait. Il ou elle incarnera l’arrière garde et viendra s’ajouter au groupe des “pas présentables” !
Et le scénario catastrophe peut aller encore plus loin, lorsque nous voyons que nos jeunes gens en pince pour Lara Croft, une petite Nana virtuelle, musclée, guerrière comme un homme avec un physique d’androgyne malgré une taille de guêpe, des cheveux très courts et ses mensurations parfaites. Alors nous allons vers des canons de la beauté qui privilégie l’artificiel, un idéal de perfection que l’on ne peut atteindre que si l’on intervient chirurgicalement sur le corps en se résignant à un régime draconien. Alors doit-on faire de son corps une œuvre d’art et du chirurgien esthétique ou plastique un artiste ? Pour ceux qui optent pour cet idéal cela ne fait aucun doute.
Pourtant derrière cette quête de beauté absolue ne peut-on voir un mal être ? Un refus de vieillir ou un désir d’éternité ? Chaque visage refait qui vise la beauté, ressemble à tous ces visages refaits… Il n’est plus naturel, il est figé et il est devenu impersonnel. Il a pris la forme d’un masque qui en perdant ses rides a également effacé la trace de l’expérience, du temps qui est passé. C’est pourquoi je leur préfère la laideur expressive. J’ai la nostalgie de ses portraits photographiques, en noir et blanc, de ses superbes vielliards dont chaque ride incarnait un chapitre de leur vie.Ces imperfections qui montrent qu’ils ont vécu, souri, souffert. Et je pourrais presque dire que ce qui passe pour laid, concourt à la perfection et à la beauté du tout. ” Les accidents même des corps naturels ont une sorte de grâce et d’attrait; par exemple, ces parties du pain que la chaleur du feu a fait entr’ouvrir : car quoique ces crevasses se soient faites, en quelque manière, contre le dessein du boulanger, elles ne laissent pas de donner de l’agrément au pain, et d’exciter à le manger.

Les figues mûres se fendent; les olives parfaitement mûres semblent approcher de la pourriture, et tout cela cependant ajoute un mérite au fruit.

Les épis courbés, les sourcils épais du lion, l’écume qui sort de la bouche des sangliers, et beaucoup d’autres objets semblables, sont fort éloignés de la beauté, si on les considère chacun en particulier; cependant, parce que ces accidents leur sont naturels, ils contribuent à les orner, et l’on aime à les y voir.

C’est ainsi qu’un homme qui aura l’âme sensible, et qui sera capable d’une profonde réflexion, ne verra, dans tout ce qui existe en ce monde, rien qui ne soit agréable à ses yeux, comme tenant, par quelque côté, à l’ensemble des choses.

Dans ce point de vue, il ne regardera pas avec moins de plaisir la gueule béante des bêtes féroces, que les images qu’en font les peintres ou les sculpteurs. Sa sagesse trouvera dans les personnes âgées une sorte de vigueur et de beauté aussi touchantes, pour lui, que les grâces de l’enfance. Il envisagera du même œil beaucoup d’autres choses qui ne sont pas sensibles à tout le monde, mais seulement à ceux qui se sont rendu bien familier le spectacle de la nature et de ses différents ouvrages.”

Ainsi je préfère ce relief parfois indélicat à un excès d’artifice qui n’exprime plus la vie, mais ce qu’a bien voulu en faire, de sa main experte, un chirurgien. A l’inverse, nous trouvons dans la nature, l’expression d’une laideur ou monstruosité comme aimait à le dire Leibniz, qui, rattachée au tout participait de l’harmonie du monde. Dès lors, ce n’est pas dans le détail qu’il faut voir le monde ou un être comme beau ou laid, mais dans sa totalité, comme lié à un ensemble auquel il donne force, en contribuant à sa beauté. Il en est pour preuve : quelques notes de musique atonales peuvent sembler dissonantes (laides à l’oreille) mais intégrées à la partition globale de la symphonie, elles participent de la beauté de l’œuvre.

L.V.V

Grotius

Avocat protestant hollandais, érudit et homme d’état, Huig de Groot (1583-1645) dit Grotius, déploya tout au long de son existence une activité intellectuelle incessante qui le porta non seulement vers la philologie, l’historiographie, la théologie et le droit mais aussi vers les mathématiques et la poésie. Cependant, c’est par son apport à la philosophie de l’Etat et à la science juridique qu’il marque l’histoire de la pensée politique du XVII e siècle.

Grotius est favorable à un pouvoir fort car ce qui lui importe c’est de faire prospérer le commerce et de faire régner la paix. Il définit donc l’Etat comme « Un corps parfait de personnes libres qui se sont jointes ensembles pour jouir paisiblement de leurs droits et pour leur utilité commune ». La relation hiérarchique qu’il introduit entre les gouvernés et celui ou ceux qui les gouvernent est irréversible, sans réciprocité et comparable à celle qui s’établit d’un inférieur à un supérieur. Ainsi, si le consentement du peuple peut être à l’origine du pouvoir politique, il met le souverain définitivement au-dessus de lui, et pour rejeter “l’opinion de ceux qui prétendent que la puissance souveraine appartient toujours et sans exception au peuple” il ajoute qu’il est permis à un peuple de se dépouiller entièrement de sa souveraineté et de se faire esclave. Dés lors, est souverain celui qui décide en dernier ressort. C’est à partir d’une théorie de la propriété que Grotius élabore sa théorie de la souveraineté. Les actes de la souveraineté “sont indépendants de tout pouvoir supérieur en sorte qu’ils ne peuvent être annulés par aucune autre volonté humaine”. Il fonde sa théorie sur l’existence d’un contrat initial par lequel les hommes ont renoncé à l’état de nature. Il considére également que les lois sont à l’Etat ce que l’âme est au corps humain. L’Etat rassemble une multitude de créatures éparses et raisonnables unies pour les choses qu’elles aiment ; il a pour fonction d’assurer le respect des lois et d’organiser les tribunaux chargés de rendre ce qui est dû aux étrangers comme aux particuliers d’un pays. Le territoire ne constitue pas un élément de l’Etat, cependant le contrat fondamental qui lie les individus à l’Etat interdit la cession d’une province sans le consentement des populations concernées. Le droit naturel est formé de principes de la droite raison qui nous font connaître qu’ « une action est moralement honnête ou déshonnête selon la convenance ou la disconvenance nécessaire qu’elle a avec la nature raisonnable et sociable de l’homme ». De ce fait, c’est la raison qui nous permet de connaître a priori le bien et le mal. Elle intervient donc comme un juge intérieur.

Le droit naturel quant à lui, est immuable, commun à toutes les époques et à toutes les régions. Il régit la conduite des hommes et celle des Etats. Les Etats se soumettent à des obligations internes, dont la violation entraîne un droit de résistance à l’oppression au profit des sujets, et à des obligations internationales - celles du droit des gens. L’exercice des droits souverains de l’Etat sur le plan international comprend le droit de guerre encadré par des normes qui n’autorisent que les guerres justes, à savoir les guerres défensives destinées à protéger d’une agression la population et le patrimoine de l’Etat ; ou encore les guerres coercitives pour punir ceux qui violent le droit, à condition que la violation soit grave. Toutefois, le droit naturel prescrit le choix de règlement pacifique des différents entre les Etats. Ainsi la violence n’est pas exclue du politique.Le droit volontaire provient d’une volonté qui peut être tantôt divine, tantôt humaine. Ce droit ne résulte pas d’une volonté qui serait supérieure à celle des Etats, mais de leur accord. Il relève de la coutume ou des conventions.
Les Etats sont tenus de reconnaître la primauté du droit naturel sur le droit volontaire.
La vie sociale étant profitable à l’homme, les principes du droit naturel s’imposent aux Etats, aux gouvernants ainsi qu’aux gouvernés. Le droit volontaire tire donc sa source d’une volonté qui peut être la volonté divine ou la volonté humaine. Le droit volontaire divin résulte du Nouveau Testament et est applicable à tous les hommes. Le droit volontaire humain comprend le droit civil, c’est-à-dire le droit interne, qui est obligatoire de par la volonté du législateur étatique, et le droit international, qui est obligatoire de par la volonté des différents Etats.

Ainsi Grotius nous dipense une sagesse particulièrement moderne : elle oblige le sujet de s’abstenir du bien d’autrui, de respecter les contrats, ainsi que la parole donnée. Elle invite aussi à réparer les dommages causés. De ce fait, le droit ne procède pas de ce qui est, mais plutôt impose de nouvelles règles : ce qui doit être.

L.V.V

La révolution

La révolution

La révolution, de son étymologie revolutio renvoie au mouvement et surtout au retour au point de départ, tout comme l’acte de réflexion qui consiste pour une idée qui serait analysée par l’esprit à ce que l’on en fasse le tour.

Pourtant, aujourd’hui, la révolution symbolise plutôt pour nous l’idée du changement, du renversement politique absolu et voire même qu’une certaine révolte pourrait mettre un terme à un état ou une situation.

Au regard de la physique, la révolution ne consiste en fait qu’en une rotation complète d’un corps autour d’un axe. D’un point de vue cosmologique, c’est un retour périodique d’un astre à un même point de son orbite. Mais quel changement cela a pu constituer pour les hommes. Copernic, Kepler et Galilée avec son affirmation : “Et pourtant elle tourne” ! Et oui ! L’homme n’est plus alors au centre de la création, spectateur immobile fasse aux mouvements des astres que Dieu (celui de la théologie) a bien voulu mettre en oeuvre, spécialement pour lui. L’homme fait partie de la création. Il est aussi en mouvement, avec le reste du monde. Ce qui relativise sa place dans l’univers mais aussi élargit la vision globale du cosmos.

Dans un sens plus commun, il peut s’agir d’un changement brusque et décisif dans l’ordre social intellectuel, esthétique, ou moral. Et plus précisément encore d’un point de vue social, c’est un passage, généralement brusque et violent, d’un type de régime politique à un autre.

Pourtant, le propre d’une révolution, par opposition à une révolte, une réforme, ou un coup d’Etat, est d’instaurer un ordre nouveau, et ceci de manière irréversible. Ainsi de ce point de vue, la révolution politique est contraire à la révolution physique.

 

Hobbes

état de nature, contrat, souveraineté

C‘est en pensant au contrat qu’Hobbes se sert du concept de l’état de nature pour considérer la genèse de la société. L’homme possède diverses puissances qui le conditionnent dans son état de nature et qui se manifestent à travers sa force corporelle, son expérience, ses passions, et sa raison. Il est donc porté à une égalité naturelle puisque « la nature a fait les hommes si égaux quant aux facultés du corps et de l’esprit, que, bien qu’on puisse parfois trouver un homme manifestement plus fort, corporellement, ou d’un esprit plus prompt qu’un autre, néanmoins, tout bien considéré, la différence d’un homme à un autre n’est pas si considérable ». Lévi. , chap. XIII, De la condition naturelle des hommes en ce qui concerne leur félicité et leur misère, p. 121.
Malencontreusement, naîtra de cette égalité, des conflits qui se dégraderont au point de générer un état de guerre universelle, puisque chaque être a suffisamment de force pour ôter la vie à son prochain. De ce fait chaque homme est pourvu de forces, de besoins, de désirs ce qui engendre une égalité d’aptitudes qui dégénère en une crainte généralisée.

L’état de nature est caractérisé par l’expression non régulée de la nature humaine dont la tendance fondamentale est l’appétit de domination sur son semblable. L’homme se voit donc animé de mouvements internes, de désirs qui l’inclinent et le font tendre vers ce qui peut lui procurer du plaisir ou cette supériorité. De la sorte, il est soumis aux mouvements des autres corps qui suscitent son imagination, sa connaissance et son expérience. Ainsi Hobbes construit sa théorie sur une vision mécaniste. D’après lui, toutes nos connaissances viennent de la sensation. La connaissance est à concevoir ici, comme la transformation plus ou moins compliquée de la sensation. Il semble que cette dernière soit l’étoffe dans laquelle est taillée notre savoir. Il est vrai que l’homme projette soucieusement ses craintes sur un avenir qui l’obsède. En effet, il ne sait « de quoi sera fait demain». L’état de nature se caractérise par l’inquiétude liée à la constitution naturelle de l’homme. Ce dernier est pourtant en quête d’une vie meilleure. Il espère un lendemain plus heureux que la situation présente, dans laquelle, la priorité n’est plus donnée qu’à la préservation de la vie. La nature humaine, sous l’aspect de l’état de nature, devient à son tour une condition négative. Elle n’est que désir, force et puissance.

Contrairement à l’animal qui peut se contenter d’un plaisir présent, l’homme anticipe déjà sur le désir suivant, ce qui le voue à une insatiabilité, puisque le futur qui n’est pas encore, l’occupe et ternit l’instant présent. Aussi, et à n’en point douter « la félicité est une continuelle marche en avant du désir, d’un objet à un autre, la saisie du premier n’étant encore que la route qui mène au second. La cause en est que l’objet du désir de l’homme n’est pas de jouir une seule fois et pendant un seul instant, mais de rendre à jamais sûre la route de son désir futur ». Cette inquiétude se transforme rapidement en la crainte de l’autre puisqu’elle se reporte sur l’homme, en raison d’une égalité naturelle commune à l’espèce humaine ; cette égalité de fait se répercute sur deux niveaux bien distincts : l’une sur la force physique et l’autre sur une habileté intellectuelle.

Dans l’état naturel, même s’il existe une inégalité physique, elle peut être anéantie par la ruse et l’alliance.

Ainsi, les hommes sont par nature portés vers les mêmes désirs. Ce qui engendre entre eux des rapports de lutte en vue d’obtenir par orgueil ce que l’autre n’a pas encore. Dès lors, cette volonté qu’ils ont de se nuire occasionne une défiance réciproque ce qui nous permet d’affirmer que « lutte, gloire, et défiance » sont à l’origine des rapports conflictuels qu’ils entretiennent. Puisque tous peuvent autant prétendre aux mêmes choses ou êtres, comme le déclarait Hobbes : “Tous les hommes ont un droit sur toutes choses, et mêmes les uns sur les corps des autres”. Tous sont lancés dans un combat sans limite. Cette rivalité généralisée engendre donc « une guerre de tous contre tous », semblable à une guerre civile. Nous remarquons que de toute évidence, loin de désigner une époque historique antérieure au politique, il faut voir en l’état de nature l’expression anthropologique originaire qui ressurgit lors des guerres civiles. Hobbes en fut le témoin. Dans la guerre, nous constatons encore aujourd’hui que se trouve réactualisée la barbarie primitive qu’il décrit dans l’état de nature.

L’homme est donc tiraillé par l’angoisse du risque de mort que peut lui infliger son semblable, par son insatisfaction perpétuelle et par sa crainte de l’avenir. C’est cette condition d’existence terrifiante qu’Hobbes voulut dénoncer à travers la reprise d’une formule « Homo homini lupus » . En réalité il a plutôt affirmé dans son Epître dédicatoire à Monseigneur Le Comte de Devonshire : « Et certainement, il est également vrai, et qu’un homme est un dieu à un autre homme, et qu’un homme est aussi un loup à un autre homme ». De Cive. Il s’agit en fait d’un état anarchique dans lequel l’homme donne libre cours à ses pulsions.

Dans ce contexte, Hobbes dira que la possibilité d’échapper à l’état de nature « réside partiellement dans les passions et partiellement dans sa raison » de l’homme. Les démarches que la raison se propose d’entreprendre pour résoudre la difficulté de parvenir à la paix, sont à concevoir comme des calculs téléologiques. Concrètement, il faut définir les moyens qui permettront d’obtenir la fin proposée, à savoir la paix. Pour y parvenir, Hobbes considère comme condition et moyen de la sécurité, le contrat. Paradoxalement il existe un rapport étroit et efficace entre la passion de la peur de la mort et la raison. Effectivement , si l’homme ressent la crainte de la mort, c’est qu’il raisonne. Ce qui lui permet aussi d’anticiper sur les événements à venir. Certes, il s’agit de produire une puissance unique qui puisse contraindre les hommes à davantage de pacifisme pour réduire la possibilité de guerre civile. La raison humaine doit donc trouver le moyen de conserver la paix civile, mais aussi de pourvoir à la situation critique de la guerre en évitant la désunion des hommes, en l’inversant même, au point que les êtres, dans un même élan de patriotisme puissent s’associer pour défendre le pays. Aussi la droite raison semble dicter à l’être une loi de nature qui consiste à chercher la paix, si nous pouvons l’obtenir, et à recourir à la guerre s’il est impossible de parvenir à la paix. Non seulement cette loi ordonne le transport des droits en vue du contrat, mais elle sous-entend également le fait que chaque individu tienne sa parole, afin de maintenir le pacte. De plus, elle se présente sous forme de préceptes :

“La première partie de cette règle contient la première et fondamentale loi de nature qui est de rechercher et de poursuivre la paix. La seconde récapitule l’ensemble du droit de nature, qui est le droit de se défendre par tous les moyens dont on dispose”.

De toute évidence, il ressort du premier précepte que la paix n’est accessible que s’il y a dépassement du droit de nature par la loi de nature. Cet accomplissement n’est en réalité possible que par l’institution d’un état civil garantissant la sécurité de chacun. Dès lors, si l’Etat se révélait incapable d’assurer la sécurité de chacun, il serait inévitable que chaque individu puisse conserver et même user de son droit de nature pour préserver sa vie. “Un homme ne peut pas se dessaisir du droit de résister à ceux qui l’attaquent de vive force pour lui enlever la vie : car on ne saurait concevoir qu’il vise par-là quelque bien pour lui-même.(…) et parce qu’il n’est pas possible de dire, quand vous voyez des gens qui usent de violence à votre égard, s’ils recherchent votre mort ou non”. 
En ce sens, toute défaillance de l’Etat entraînerait un regrettable et inévitable retour à l’état de nature et de guerre de tous contre tous.

De plus, un second précepte s’impose. Il indique :”que l’on consente, quand les autres y consentent aussi, à se dessaisir, dans toute la mesure où l’on pensera que cela est nécessaire à la paix et à sa propre défense, du droit que l’on a sur toute chose ; et qu’on se contente d’autant de liberté à l’égard des autres qu’on en concéderait aux autres à l’égard de soi-même. Car, aussi longtemps que chacun conserve ce droit de faire tout ce qu’il lui plaît, tous les hommes sont dans l’état de guerre”.

Le droit, d’un point de vue hobbesien, n’est donc pas naturel en son fondement.

Sous cet angle, le langage peut également servir la création du contrat et de l’Etat. Il lui est intrinsèque et permet alors la philosophie politique hobbesienne. Sans lui, « il n’y aurait pas eu parmi les hommes plus de République, de société, de contrat et de paix que parmi les lions, les ours et les loups ». C’est au cœur de cette nature humaine apte à parler et par conséquent à développer et édifier ses pensées que se trouve le fondement du politique. A cela s’ajoute que le processus de paix suppose un dessaisissement réciproque c’est-à-dire contractuel de ses droits. Pour ce faire, l’homme doit renoncer au pouvoir et à ses tendances personnelles agressives auxquels il laissait libre cours dans l’état de nature, afin de permettre lors de son passage à une vie sociale l’émanation de l’Etat.

Le contrat est donc à l’origine de la constitution du souverain. Les hommes, désireux de mettre fin à un état de nature destructeur, vont conclure entre eux une série de contrats, par lesquels ils s’engagent les uns envers les autres à renoncer au droit de nature (qui consiste en ce qu’ils peuvent faire tout ce qui leur plaît). Ce renoncement se fait donc au profit de ce tiers bénéficiaire qu’est le Souverain, qui peut être un homme ou une assemblée. Aucun contrat n’intervient donc entre le Souverain et les individus. Mais le Souverain bénéficie de la donation de ce droit sans être engagé à rien. Cependant, de la transmission volontaire d’un droit dérive nécessairement un devoir envers l’ayant droit. Ainsi chaque individu a des obligations à son égard. En conséquence, le Souverain possède de par la volonté même des individus, un droit illimité. Par ailleurs son pouvoir est absolu car seule une telle hégémonie peut mettre fin d’une manière durable à la guerre de tous contre tous. Si au contraire, un engagement mutuel existait entre le Souverain et ses sujets, la question se poserait de savoir qui serait juge de l’exécution du contrat. Car « si l’un ou plusieurs d’entre eux allèguent une infraction à la convention passée par le souverain lors de son institution, et qu’un ou plusieurs autres, parmi les sujets, ou bien le souverain seul, allèguent qu’une telle infraction n’a pas eu lieu, il n’existe en cette affaire aucun juge qui puisse trancher la dispute : elle est donc à nouveau du ressort du glaive, et chacun recouvre le droit de se défendre par ses propres forces, contrairement au dessein qu’on avait lors de l’institution ». En fait, les individus ne renoncent à leur droit de nature que dans la mesure où le souverain leur assure protection et sécurité.

L.V.V

Les enjeux du droit

L’individu qui revendique au nom de son droit, un bien, un statut ou une liberté, rend moralement légitime sa revendication. A l’inverse, s’il revendique des droits qui ne lui reviennent pas et qu’il les obtient par la force, il en lèsera d’autres qui se lèveront à leur tour au nom de leurs droits, enchaînant des cycles sans fin de violence qui détruisent à terme la communauté politique. Cet état qui plongerait les hommes dans un état de nature semblerait marqué par la réalisation d’un droit, mais celui du plus fort. Il s’agit alors de dénoncer cet état de nature, d’anarchie vitale, liée à l’absence de droit. Hobbes dénonce cet état de nature, car selon lui, dans cette situation on trouve un droit de nature qui n’est autre que : “par le mot de juste et de droit, on ne signifie pas autre chose que la liberté que chacun a d’user de ses facultés naturelles, conformément à la droite raison. D’où je tire cette conséquence que le premier fondement du droit de la nature est que chacun conserve, autant qu’il peut, ses membres et sa vie.” de même que : “il a pareillement droit d’user de tous les moyens, et de faire toutes les choses sans lesquelles il ne se pourrait point conserver.” L’homme est donc seul juge des moyens qu’il se doit d’utiliser pour se maintenir en vie. La liberté liée à l’absence de lois, de droit, parait suggérer l’idée d’une toute puissance, qui permettrait à l’homme de faire tout ce que bon lui semble, dès lors qu’il se sent menacé ou qu’il veut se défendre. Nous entendons alors par droit naturel, le droit résultant de la nature même des hommes et de leurs rapports, indépendamment de toute convention ou législation.

Le droit est ce qui est direct, sans détour, sans courbure. Par conséquent, ce qui est droit s’oppose à ce qui est tordu, tortueux. Le droit comme droiture, consiste alors à ne faire de tort à personne. A cela s’ajoute, que dans le langage commun, le droit est ce qui s’oppose au fait. En droit, c’est-à-dire théoriquement, je peux faire ceci ou cela, alors qu’en fait, à savoir d’un point de vue pratique, je n’en ai pas les moyens. Il est donc du ressort du pouvoir politique d’instituer un ordre par un ensemble de règles à savoir de lois, qui forment le droit.

Le droit apparait aussi comme un pouvoir. Dans diverses langues, et notamment en anglais, il existe deux termes pour le dire : can, may. Ceci renvoie donc à deux acceptions bien distinctes :
- “je peux”, à savoir ce qui est matériellement possible;
- “je peux”, au sens de ce qui est moralement permis.
C’est d’ailleurs ce qui fera dire à Leibniz que “le droit est le pouvoir moral”. Soulignons tout de suite une ambiguïté : on a l’impression que la loi est supérieure au droit, puisque c’est elle qui me donne des droits. Or nous venons d’envisager le droit comme quelque chose de plus large que la loi, puisqu’il comporte d’autres éléments.

Qu’est qu’un droit ? C’est avoir la permission de faire ceci ou cela, de par la loi. Soit cette dernière me donne explicitement ce droit, soit elle me le confère implicitement, en ne m’interdisant pas l’acte, selon le principe : tout ce qui n’est pas défendu est permis, licite (”licere” : permis).
Mais il nous arrive d’invoquer le droit comme pouvoir moral de faire ceci ou cela : j’ai le droit parce que c’est permis moralement dans la mesure ou c’est juste. D’autre part, le droit ne peut être assimilé à un simple pouvoir d’agir dans la mesure où il comporte une contrepartie : le devoir. Ainsi, tout droit accordé à autrui se traduit par un devoir qui m’est “imposé”.

C’est dire en quoi la philosophie se devait de réfléchir sur les enjeux du droit.